Saint-Étienne et alentours   LOGEMENT - SQUAT / MIGRATIONS - SANS-PAPIERS

Interview d’un habitant de la Maison bleue




Alors que depuis la mi-novembre, les personnes qui habitent, faute d’autre logement, la Maison bleue sont menacées d’expulsion. Rencontre avec l’un des habitants qui nous raconte son parcours de vie.


Pourquoi j’ai quitté l’Angola

En 2010, en Angola, j’étais un étudiant universitaire. Une fois arrivé à ce niveau, j’ai commencé à voir le système autrement. Avec d’autres, on a commence à regarder la vraie face du régime. Le gouvernement promettait la prospérité et nous on ne vivait que la pauvreté. Il disait une chose et en faisait une autre.

En 2012, je vote pour la première fois. Je vote MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola), le parti déjà au pouvoir, car le président Fernando Dias dos Santos fait une propagande pour la prospérité des gens et nous y avons cru... Mais après, tout a été différent de ce qui était promis.
Dans mon quartier (à Luanda), nous avons alors commencé à avoir une autre manière d’analyser les choses. Le taux d’alphabétisation était bien trop bas. Un pays se fait avec un investissement dans l’éducation. Nous avions l’impression que le gouvernement se refusait à éduquer le peuple pour qu’il ne se révolte pas. Mais, nous n’avions aucun droit, nous ne pouvions manifester notre volonté, le gouvernement ne la prenait pas en compte. Nous ne pouvions contester, nous n’en n’avions pas le droit.

Début de la contestation.

En 2015, j’ai pris un rôle de mobilisateur de masse. Il y a eu beaucoup de mouvements de contestation. On a réfléchi à comment renverser un dictateur et éviter une nouvelle dictature en s’inspirant du livre de Gene SHARP (Da Ditadura à Democracia : um marco conceitual para a libertação [1]). Inculpés de coup d’état, des gens furent incarcérés pendant un an avant d’être finalement relâchés. Le mouvement de contestation a alors grossi. Les gens ont eu moins peur de manifester une fois les gens relaxés.
La volonté de liberté a commencé à grandir. En 2017 a eu lieu la plus grosse manifestation jamais vue en Angola. 2017 était l’année des élections. On a pensé pouvoir renverser la dictature. Bornito de Sousa (MPLA), le premier ministre en place, cumulait les fonctions de ministre du territoire et de président de la commission électorale.
Nous avons mobilisé les gens pour qu’il choisisse son camp afin de garantir qu’il ne favorise pas son parti. Le MPLA, parti au pouvoir depuis l’indépendance, gagnait toujours avec des fraudes. Les plus anciens en témoignent.

Pour donner un exemple de collusion entre le Portugal et l’Angola, on peut parler de Manuel VICENTE, l’ancien 1er ministre du président DOS SANTOS, qui était également président de la seule entreprise nationale d’exploitation de pétrole « Sonangol ». Cette entreprise représente environ 60 milliards de dollars. Il a été accusé de corruption. L’État angolais réclame qu’il soit jugé au Portugal. Le Portugal a instruit son dossier mais en fin de compte il n’a jamais été jugé.

Que représente ma vie à coté d’un premier ministre ? Je ne suis rien. Si le Portugal est prêt à condamner une personne aussi importante qu’un ancien premier ministre, avec moi ils n’auront aucun état d’âme.
L’Angola est actuellement plus riche que le Portugal, le rapport de force est en sa faveur. Ils peuvent obtenir ce qu’ils veulent du Portugal. Les Européens qui vivent en Angola vivent dans le luxe et ne voient pas ce qui se passe pour la grand majorité qui vit dans la pauvreté.

Pourquoi j’ai dû partir

J’ai alors mobilisé les gens contre Bornito de SOUSA. J’ai, du coup, été accusé « d’atteinte à l’intégrité physique » du premier ministre. En Angola, quand tu as un problème avec l’État, on peut venir te chercher et te tuer. J’ai compris que j’étais en danger. Je me suis caché mais on m’a expliqué que pour rester en vie, je devais fuir. Ma mère a trouvé et payé une personne (restée anonyme pour sa sécurité) qui a pu me fournir un passeport et un visa. J’ai atterri à Paris, à Charles de Gaulle en mai 2017.

Au début, je ne connaissais personne, je dormais dans la rue. Je ne parlais que portugais. J’avais un peu d’argent. Des gens m’ont « aidé » (contre de l’argent) et mis dans un train pour Roanne. A Roanne, je dormais toujours à la rue. J’ai donné mon identité à la police lors d’un contrôle. Je suis retourné voir la police pour demander des conseils car je ne savais pas quoi faire. Ils m’ont emmené voir un curé. C’est lui qui m’a donné l’adresse de la Croix Rouge et du secours catholique et de la Plateforme d’Accueil des Demandeurs d’Asile (PADA) de la Loire [2].

Arrivée à Saint-Étienne

Ils m’ont acheté un ticket de train et donné 10€. Je suis arrivé à la Terrasse à Saint-Étienne et suis allé au centre ville. J’ai montré le papier avec l’adresse pour qu’on m’emmène à la croix rouge. Ils ont appelé le 115 qui a dit ne rien pouvoir faire pour moi... On m’a dit qu’il y avait une place chez l’association Triangle pour des repas de nuit. Et de chercher une place pour dormir. Ils ont rappelé le 115, à 22h il n’y avait toujours pas de place. J’ai encore dormi à la rue. Le lendemain on m’a emmené à la PADA. J’y suis resté la journée. Ils ont fait l’inscription pour faire la demande d’asile à la préfecture. Je suis sorti de la PADA et j’ai trouvé quelqu’un qui m’a emmené chez le père Riffard, à Montreynaud.
Là-bas, j’ai rencontré des Angolais qui m’ont mis en contact avec le squat de Tarentaize. Les Angolais du squat m’ont accueilli et m’ont donné un coin pour dormir. Nous étions quatre dans une petite chambre avec un petit matelas. Plus tard, les autres Angolais sont partis en foyer, moi je suis resté au squat. D’autres gens sont venus comme moi. J’ai bien sûr partagé ma chambre. La police est passée au squat pour faire des contrôles. La situation au squat de Tarentaize était très mauvaise.

La Maison bleue

Via un contact militant, je suis ensuite parti à la Maison bleue dès son ouverture. Je suis une des premières personnes à y avoir dormi. La situation sanitaire y était mieux qu’a Tarentaize.
Très vite la police est venue pour prendre nos identités. On a tous donné nos noms sans se méfier. La police est revenue pour voir si on était toujours là. Ensuite ils sont venus nous demander de quitter les lieux. La police est passée trois fois cette semaine, ils ont encore répété « il faut quitter le lieu », ils parlent avec beaucoup de menaces. Tout le monde sur place a peur.

Après je suis allé à la préfecture de Lyon. On a pris mes empreintes et expliqué que je rentre dans le cadre de la « procédure Dublin ». En clair, comme ce sont les autorités portugaises qui ont émis mon visa, ce sont elles qui doivent étudier ma demande d’asile.

Convoqué à la Préfecture de la Loire, j’ai appris que le Portugal est OK pour me réadmettre. Je suis assigné à résidence pour 45 jours (je dois passer 3 fois par semaine à la police pour prouver que je suis là). Si je conteste la décision, je dois faire un recours au tribunal administratif. J’ai 48h pour contester la décision d’expulsion.

En retournant au Portugal, je serais en danger car c’est plus facile pour les Angolais de me retrouver une fois que je serai là-bas. Du fait des liens historiques entre le Portugal et l’Angola, en qualité d’ancienne colonie, j’ai plus de chances de rencontrer des Angolais. Ici c’est plus difficile de repérer que je suis Angolais car entre Africains on parle français. En France, la communauté angolaise est moins importante et moins repérée. Je me sens plus en sécurité en France, et le pays est plus grand, il y beaucoup d’Africains en France et à Saint-Étienne, donc on passe plutôt inaperçu...
À cause du lien politique entre l’Angola et le Portugal (intérêts économiques, politiques, etc), je ne me sentirais pas en sécurité là-bas. Les autorités portugaises donneront mon identité à l’Angola.

Situation actuelle

Pour revenir à ma demande. Ici, je n’ai pas fait de recours car l’avocat a écrit un mot à la préfecture qui a refusé. Je ne savais pas que j’avais droit à une aide juridique alors j’ai laissé tomber. Je n’ai à ce jour pas pu contester mon retour au Portugal. Il faut donc maintenant que je ne sois pas arrêté par la Police et je suis dans un squat où on veut m’expulser. Je ne sais pas quoi faire, je ne connais pas mes droits.

Quand j’ai dû partir d’Angola, ma femme était enceinte. Je n’ai pas vu naître mon fils. Je n’ai pas connu mon père. J’ai été élevé par ma mère et là, maintenant, je ne peux pas voir mon fils. Ici je n’ai aucune famille… Aujourd’hui le plus important pour moi est simplement de trouver un endroit pour dormir, un peu de sécurité et un jour pouvoir donner une éducation à mon fils.

La police nous dit qu’ils vont nous mettre dehors. Ils veulent que tout le monde parte du squat. Des familles vivent à la Maison bleue. Je sais qu’il y a des enfants qui vont à l’école. Comment peuvent-ils étudier dans ces conditions ?

Entretien réalisé le 10 novembre 2018 lors de la Rencontres et Soirée avec votre site préféré : Le numéro Zéro !.

[1From Dictatorship to Democracy : A conceptual framework for liberation, The Albert Einstein Institution, 2003. (ISBN 978-1-880813-09-6) (première publication en 1994)

[2L’association Entraide Pierre Valdo assure la gestion de la PADA de la Loire qui est « chargée d’assurer l’information, l’accompagnement administratif et social ainsi que l’orientation des personnes qui sollicitent la protection de l’État français afin qu’elles puissent accéder à la procédure de demande d’asile et aux droits sociaux afférents ».


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AIDE A LA REDACTION
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Le Numéro Zéro existe depuis 2003. Rapide retour en archives sur son histoire et son fonctionnement.


FLICAGE - SURVEILLANCE
Qui est Magali Tabareau, la juge attaquée chez elle au LBD ?  

Lundi 17 juin 2019 vers 9h30, deux personnes munies de casques de moto ont sonné à la porte de la présidente de la cour d’assises de Versailles, Magali Tabareau, à Nézel. Lorsqu’elle a ouvert sa fenêtre, elle a reçu un tir de Lanceur de Balle de Défense en plein visage, sous l’œil. Elle a été hospitalisée dans la foulée, victimes de multiples fractures. Article publié sur Desarmons-les !


RESISTANCES ET SOLIDARITES INTERNATIONALES
Soutien aux mobilisations en Algérie : quinzième rassemblement à St-Étienne  

Alors qu’en Algérie la contestation ne faiblit pas pour réclamer la fin du système que symbolisait l’ancien chef de l’État Bouteflika, la solidarité continue à s’exercer à l’étranger. Dimanche 16 juin se tenait à Saint-Étienne le quinzième rassemblement en soutien au peuple algérien.


MEMOIRE
La fusillade du Brûlé à La Ricamarie, c’était il y a 150 ans  

Ce n’est pas d’aujourd’hui que le pouvoir blesse, mutile et tue. Il y a cent cinquante ans jour pour jour, le 16 juin 1869 à La Ricamarie, la troupe tire froidement et sans sommation sur des mineurs en lutte et leurs soutiens. Bilan : quatorze morts. Retour sur cet événement marquant de l’histoire du mouvement ouvrier avec un extrait de l’ouvrage de Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1865 à nos jours.


FLICAGE - SURVEILLANCE
Pétition en ligne contre l’installation de micros à Beaubrun-Tarentaize  

Le collectif SERENICITY lance une pétition en ligne contre l’installation de micros à Beaubrun-Tarentaize. Signez ! Diffusez ! Cette pétition et les signatures collectées seront ensuite envoyées à la Commission nationale informatique et libertés avec un courrier d’explication.


URBANISME - GENTRIFICATION - TRANSPORT
[Radio] Joie, rage et courage - Qu’est-ce qui se trame ?  

Alors qu’une troisième ligne de tramway va arriver à Saint-Étienne, retour sur les choix de construction des lignes de tramway et les projets de restructuration urbaine avec la gentrification en toile de fond. Petit exemple de lutte contre les transports payants avec les mutuelles des fraudeur-euses et les actions des R.Z. en Allemagne à la fin des années 70.


LOGEMENT - SQUAT
Logement : pas de repos sur Les Lauriers  

Si le rejet par le tribunal de l’expulsion de la Poste à Solaure a donné un peu de répit à ces personnes à qui l’on refuse l’accès à un logement, il n’en demeure pas moins qu’elles sont contraintes, ici comme ailleurs, de vivre dans un squatt. Rencontre avec un de ceux qui slaloment entre les squats, la rue et l’hébergement d’urgence (article paru initialement dans le journal du Carnaval de l’Inutile de mars 2019).