Saint-Étienne et alentours   MEMOIRE

La Commune de Saint-Étienne, du 24 au 28 mars 1871




Suites à de nombreuses grèves dans les années 1870 dans le bassin de Saint-Étienne, dont celle de La Ricamarie de juin 1869, les idées de l’Internationale se propagent. Bakounine et l’Association Internationale des Travailleurs préparent un soulévement à Lyon depuis l’automne 1870. À la suite de l’insurrection parisienne du 18 mars 1871, l’Hôtel de ville de Lyon est occupé le 22.
Peu d’informations sur ce qui s’est passé à Saint-Étienne mais ce texte de David Cizeron offre une belle éphéméride à cet épisode révolutionnaire méconnu. Des informations sur les prémices de ce soulèvement ici.


Un peu d’Histoire : « La Commune de Saint-Étienne »

Je ne sais pas si la Commune de Saint-Étienne mérite d’être signalée – si elle appartient à l’histoire, je veux dire une histoire digne de ce nom et non pas un récit scrupuleux d’événements superficiels fait par des nécrologues, chroniqueurs ou mémorialistes maniaques ou des érudits locaux, si elle ne dépend pas du mirage d’une nostalgie rouge ou noire qui se trompe trop souvent de souvenirs et désire voir au moindre « mort aux vaches » du Kroptokine dans le geste quitte à surévaluer ces faits minuscules dont les rapports entretenus avec l’Internationale relèvent plus, pour la plupart, du malentendu ou du fantasme. Pour tout dire, l’événement majeur de cette Commune stéphanoise semble être la mort d’un préfet et encore la majorité des récits la considère, cette mort, comme accidentelle – mais l’histoire est légitimiste.

J’en viens enfin aux faits, brièvement… il ne faut jamais oublier de délimiter le terrain de jeu au risque de se perdre dans une abstraction schématique et sans borne et oublier de donner un quelconque support et ordonnancement chronologique, humain, factuel à l’événement. Donc : la Commune de Saint-Étienne a lieu entre le 24 et le 28 mars 1871, après plusieurs jours d’agitation montante. Le 24 mars une centaine de manifestant.e.s rejoints par la Garde Nationale et la foule ; ils et elles investissent l’Hôtel de ville et hissent sous la coupole le drapeau rouge.

SUITES sur foutouart.fr

À lire également cet article :

Cou-Tors et les révoltés stéphanois

Le 12 septembre la Patrie est proclamée en danger. Dès le 31 octobre, St-Etienne s’agite à l’appel des socialistes qui réclament la Commune. Dans les cafés et cercles, comme à Paris, on parle de démocratie à la base. A partir de décembre paraît un journal qui a pour nom La Commune. Dès le premier numéro, le journal donne le ton : "La Commune c’est la pyramide sociale remise sur sa base... c’est l’appel social au banquet de la vie, à l’harmonie, à l’entente cordiale." Il n’aura de cesse d’ inciter à la constitution d’un pouvoir de type nouveau. Le fédéralisme apparait comme la solution. Tout ce qui n’est pas fédéralisme est assimilé au système impérial, "qu’il s’incarne dans un Bonaparte, un Gambetta ou un Robespierre, peu importe !"

Le 23 mars, c’est une compagnie nombreuse de gardes nationaux qui traverse la place de l’Hôtel de Ville aux cris de "Vive la Commune !" Une délégation du club de la rue de la Vierge se rend aussitôt à la mairie et demande la démission du Conseil municipal. Par 17 voix contre 7, les conseillers municipaux se déclarent prêts à se retirer mais décident aussi de demeurer en fonctions jusqu’aux élections destinées à pourvoir à leur remplacement. Le lendemain, plusieurs centaines de membres des clubs socialistes font irruption sur cette même place et envahissent le pérystile de l’Hôtel de Ville. Les grilles cependant empêchent la foule de pénétrer plus avant dans le bâtiment. Le colonel Lagrive se présente à elle et après négociations autorise une délégation, dont fait partie Durbize, à pénétrer dans les lieux pour y rencontrer le maire. Elle demande à Boudarel et à Morellet de proclamer la Commune. Sur leur refus, la Garde nationale laisse entrer la foule qui s’engouffre dans les couloirs. Dans la nuit, Durbize proclame lui-même la Commune et arbore le drapeau rouge. Cou-Tors fait partie, le 24 mars, du comité insurrectionnel qui s’empare de l’Hôtel de Ville et procède à l’arrestation des autorités. Désigné responsable de la police, il fait afficher un appel au peuple en vue d’élire les membres d’une Commune. »

L’intégralité de l’article à lire sur le site de Résistance Verte.


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