National   REPRESSION - PRISON

Pour la libération des prisonnier-e-s gravement malades

Lettre des prisonniers politiques basques de Moulins-Yzeure

Nous publions ci-dessous une lettre que des prisonniers de la centrale (prison pour longues peines) de Moulins nous ont demandé de faire circuler. Ils annonçaient des initiatives du Collectif de Prisonnier-e-s Politiques Basques pour demander la libération des prisonnier-e-s gravement malades.


La "loi Kouchner" de 2002 prévoit des suspensions de peine pour raisons médicales, mais elles ne sont que très rarement accordées, même lorsque des experts affirment que la situation d’une personne est incompatible avec la détention, même lorsqu’elle ne peut pas être soignée correctement en prison, même lorsqu’elle est sur le point de mourir. Ainsi, beaucoup de prisonnier-e-s meurent encore en prison, isolés. Et souvent mal soignés. Contrairement à ce qu’estiment souvent les politiques ou JAP (juge d’application des peines), ceux et celles qui sont passés par là savent très bien qu’on est souvent très mal soigné en prison, et qu’on y meurt parfois par manque de soins. Des services de soins palliatifs ont même été créés au sein d’unités hospitalières pénitentiaires afin de justifier les décisions de ne pas laisser sortir des prison des malades sur le point de mourir.

Cette mobilisation des Basques rappelle deux tristes histoires – parmi tant d’autres !- que nous avons relayées récemment* : celle de Béa, décédée d’un cancer à la prison de Rennes et celle de Rachid, décédé à la centrale de Lannemezan. Tous deux étaient dans des états de santé très graves et demandaient depuis longtemps une suspension de peine, un codétenu de Rachid avait tenté d’alerter l’opinion et de lancer une pétition.
Liberté pour les prisonnier-e-s gravement malades !
Liberté pour tous et toutes !

Depuis la prison de Moulins-Yzeure, le 14 novembre 2016,

Il y a 370 prisonnier(e)s politiques basques incarcéré(e)s en France et en Espagne. Dix d’entre eux sont très gravement malades : Josetxo Arizkuren, Garikoitz Arruarte, Inaki Etxebarria, Aitzol Gorgotza Otaegi, Ibon Iparragirre Burgoa, Jose Ramon Lopez de Abetxuko, Txus Martin, Gorka Fraile, Jagoba Codo et Ibon Fernandez Iradi.

Ce dernier incarcéré en France depuis 13 ans se trouve actuellement à la maison centrale de Lannemezan (65). Il a été condamné à 30 ans d’emprisonnement (assortis d’une peine de sûreté de 20 ans). Atteint d’une sclérose en plaques, il a fait une demande de suspension de peine en Janvier 2013. La lenteur de la procédure est à souligner. Les premiers symptômes de la maladie remontent à fin 2010, mais le diagnostic n’a été fait qu’en janvier 2013. Ibon Fernandez Iradi a dû attendre juin 2014 pour que le Tribunal d’Application des Peines se prononce contre sa sortie, malgré que durant la procédure deux médecins experts sur trois se soient prononcés sur la non compatibilité de son état de santé avec son maintien en détention. Son maintien en détention a pour conséquence une évolution plus rapide de sa maladie. Maladie qui ne peut être efficacement combattue que s’il est libéré et bénéficie de tous les soins et attention que nécessite son état de santé.

Finalement, la cour de cassation a cassé le jugement de Juin 2014. La procédure de demande de suspension de peine est ainsi relancée. Et l’espoir renaît. Une audience est prévue le 24 novembre 2016.

La volonté de la société civile au Pays Basque et de ses élu(e)s est claire. Au-delà des différences d’approches des uns et des autres, il est demandé et attendu de l’État français qu’il s’engage en faveur du processus de paix. Un jugement qui irait à l’encontre de la demande d’Ibon, non seulement irait à l’encontre des exigences humanitaires les plus élémentaires, mais encore viendrait en opposition à la demande massivement exprimée en Pays basque. Nous attendons une décision qui permette la libération immédiate d’Ibon, de façon qu’il puisse bénéficier des soins médicaux appropriés à son état de santé.

Nous demandons par ailleurs la libération immédiate de tous les prisonnier(e)s basques gravement malades. Ainsi une manifestation est prévue pour le samedi 19 novembre à Bayonne. De notre part, le collectif des Prisonnier-e-s Politiques Basques EPPK va entamer une série de mobilisations durant cette semaine, du 14 au 19 novembre, dans toutes les prisons espagnoles, françaises, portugaises, ou suisses où nous nous trouvons dispersés et prises en otage. Ici au CP de Moulins-Yzeure, nous allons refuser le repas de la prison durant cette période.

Pour avoir plus d’informations sur la situation précise de tous nos camarades gravement malades vous pouvez consulter le rapport de l’association d’aide médicale aux prisonnier-e-s JAIKI HADI que vous trouverez normalement sur internet ou bien à la page web de l’association Bagoaz ou Etxerat.

Post- scriptum de la rédaction :

Après une grande manifestation ayant réuni 2000-2500 personnes à Bayonne le 19 novembre et réclament la libération des prisonnier-e-s basques gravement malades, et plus particulièrement de Ibon, après un appel de 180 personnes du corps médical qui réclament une suspension de peine à son égard, la commission qui examinait son cas a refusé , mi-décembre, de lui accorder une suspension de peine. Voir ici.

* Pour en savoir plus :
- lettre de Béa dans le journal l’Envolée n°45 (page 40), disponible ici ou sur internet en pdf
- Lettre de Gaëtan qui parle du décès de Rachid, à écouter dans l’émission de radio l’Envolée du 25 novembre 2016, ou émission radio Papillon du 15 décembre 2016.


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Dans la même thématique...

Saint-Étienne et alentours Papillon   REPRESSION - PRISON

Pas d’émission Papillon ce jeudi 15 février

C’est exceptionnel, il n’y aura pas d’émission anti-carcéral ce jeudi sur Radio Dio et Radio Canut. On se retrouve le jeudi 22 février à 20h sur les ondes avec la Petite Cuillère.




Saint-Étienne et alentours Couac   MIGRATIONS - SANS-PAPIERS / REPRESSION - PRISON

"Beaucoup de points d’interrogation" : récit d’un migrant à Saint-Étienne

Amédée est Angolais, a 21 ans, est en bac pro mécanique et vit en France depuis 4 et demi maintenant. Il nous raconte son histoire et les difficultés rencontrées au quotidien.




Saint-Étienne et alentours   REPRESSION - PRISON

Stop aux barreaux, Stop aux bourreaux !

Rassemblement contre l’enfermement et le système carcéral
Samedi 25 novembre à 15 h place du Peuple




Saint-Étienne et alentours Papillon   EXPRESSION - CONTRE-CULTURE / REPRESSION - PRISON

Faites sortir l’accusé

Projection du film "Faites sortir l’accusé" suivi d’un débat sur le sens moral de l’enfermement avec le collectif Papillon et le journal l’Envolée.
Mardi 21 novembre 2017 de 16h à 20h30, à l’amphi Huvelin au 15 Quai Claude Bernard, Université Lyon 3




Saint-Étienne et alentours Couac   MIGRATIONS - SANS-PAPIERS / REPRESSION - PRISON

Le paradis de l’enfer : récit d’un migrant à Saint-Étienne

Dominique a une trentaine d’années, il vient du Cameroun. Il est venu vers Couac pour partager son expérience, parler de la vie qu’il mène et faire connaître sa situation, son regard en tant qu’immigrant vivant à Saint-Étienne. Après une première rencontre, nous nous sommes revus plusieurs fois.




National   EXPRESSION - CONTRE-CULTURE / REPRESSION - PRISON

Gala de boxe et soirée "Soul Train" en soutien a Georges Ibrahim Abdallah

Le 21 octobre, nous vous invitons à un gala de boxe (boxe anglaise, pieds poings, MMA) regroupant des équipes de St-Étienne, Lyon, Marseille, Paris, Grenoble, Berlin, etc ... Suivie d’un Sound Système "Soul Train" (Dj Spyderman from St-Cham) et d’une Boum All Night Long.
Cette soirée sera en soutien a Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste arabe, combattant pour la libération de la Palestine, détenu en France depuis près de 34 ans. L’argent collecté en soutien servira aux mandats pour cantiner afin d’améliorer son quotidien.

Mise à jour le 20/10 : Attention, cet événement est annulé suite à un arrêté préfectoral, plus d’infos bientôt sur https://rebellyon.info/.



Saint-Étienne et alentours   EXPRESSION - CONTRE-CULTURE / REPRESSION - PRISON

[Projection] "La Récidive en question" + discussion

Projection / Documentaire / Discussion lundi 30 octobre 2017 à 19h00 au Remue-méninges
Le film commence à la maison d’arrêt de Saint-Étienne La Talaudière.
À la "Talau" comme on le dit ici, surveillants et détenus s’accordent à dire que la récidive est si courante que l’image du détenu se confond avec celle du récidiviste.




Saint-Étienne et alentours   REPRESSION - PRISON / RESISTANCES ET SOLIDARITES INTERNATIONALES

Journée de soutien des anti-G20 de Hambourg

Face au capitalisme et à tous ses effets néfastes, des personnes se mobilisent. Du 6 au 9 juillet 2017 se tenait à Hambourg le sommet des vingt plus grandes puissances mondiales. En réponse à cela les organisations progressistes ont organisé un contre sommet et des manifestations au cours desquelles la police allemande - bras armé des États représentés au G20 - a fait preuve d’un déchaînement de violences à l’encontre des manifestant-e-s, des journalistes et même des avocat-e-s.




Saint-Étienne et alentours   MIGRATIONS - SANS-PAPIERS / REPRESSION - PRISON

Lettre ouverte sur la situation des familles Rroms à Saint-Étienne

Je vous adresse cette lettre car la presse locale reste sourde à nos multiples messages concernant les familles Rroms à la rue. Les services municipaux du Centre communal d’action sociale refusent de façon quasi systématique d’accorder de les domicilier – clef qui leur ouvre quelques droits – et ceci en contradiction avec tous les textes réglementaires. Sans que le préfet qui a pourtant autorité en la matière ne lève le petit doigt.




National   EXPRESSION - CONTRE-CULTURE / REPRESSION - PRISON

Aurillac 2017 : Appel à témoignages

En août 2016, les participant.e.s du festival d’art de rue d’Aurillac ont pu constater une augmentation de la présence policière, absurdement justifiée par "l’état d’urgence". Pour entrer dans le centre-ville, il fallait subir des fouilles de sac voire au corps, et il était interdit d’avoir des objets en verre ou de l’alcool, alors même que des boissons alcoolisées étaient vendues partout dans l’enceinte du festival. Suite à ces mesures et à un certain nombre de provocations, une manif a éclaté, qui a conduit à plusieurs gardes à vue.
Plus récemment, l’édition 2017 a été le théâtre d’une surveillance policière moins agressive mais tout aussi pesante.




0 | 10 | 20 | 30 | 40

A la une...

ECOLOGIE - NUCLEAIRE
Urgence : Expulsion en cours à Bure - Rassemblement à 18h devant la Pref  

Ce matin du 22 février 2018, des camions de gardes mobiles se sont parqués aux alentours du bois Lejuc occupé contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires près de Bure dans la Meuse.


GENRE - FEMINISME
De Mujeres libres à Femmes libres Plaidoyer pour une coordination de Femmes Libres au sein de la CNT  

Nos luttes ne nous renvoient pas dos à dos. Complémentaires, elles s’additionnent
En 1936, Mujeres Libres revendique de mettre fin au "triple esclavage des femmes : l’ignorance, le capital et les hommes". En juillet 1937, avec ses 20000 adhérentes, provenant majoritairement des secteurs populaires, Mujeres Libres défend l’émancipation des femmes et leur participation à la lutte révolutionnaire. L’organisation se réclame d’un "féminisme prolétarien" dans le but de se dissocier du féminisme libéral qui prône l’égalité des femmes sans contester les rapports de domination de classes. Leurs "camarades" n’étaient pas pour autant enclins à les reconnaître politiquement comme une organisation autonome au sein du mouvement libertaire.


EXPRESSION - CONTRE-CULTURE
Festival "un poil dans la soupe"  

Festival "un poil dans la soupe" proposé par les SAMPIANES du 08 au 11 mars 2018 à Sainté.
Au programme : Atelier d’autodéfense féministe et autogéré, Lecture collective, Soirée au poil, Restouf, Lab.Langue, Poing final...


EXPRESSION - CONTRE-CULTURE
Expérience de la non-mixité : Conf. Gesticulée par Laure Clerjon  

Jeudi 22 Février 2018 à 20h30 : Conférence Gesticulée par Laure Clerjon : "Autrices, lutteuses et poétesses remontent en selle ! Ou comment l’expérience de la non-mixité nous transforme."


URBANISME - GENTRIFICATION - TRANSPORT
Carnaval !  

Nous vous invitons, partout où vous êtes, à vous joindre au Grand Carnaval Inutile ‘Béton va Béton’ à Saint-Étienne le 24 février 2018.
Rendez-vous à 14h à la Chambre de Commerce et d’Industrie (57 cours Fauriel).


REPRESSION - PRISON
Réponse au mouvement de grève des matons et Communiqué de prisonniers de Fleury-Mérogis  

Le mouvement de grève des gardiens de prison suite à l’agression d’un des leurs par un prisonnier menacé d’extradition est largement médiatisé, mais les conséquences de leur mouvement sont systématiquement passées sous silence.


REPRESSION - PRISON
Depuis la prison de Fleury Mérogis, interview d’Antonin Bernanos  

Grèves et blocages des surveillants : comment les détenus s’organisent
paru dans lundimatin#131, le 29 janvier 2018


GENRE - FEMINISME
Front Santé Sexuelle de Medic’Action : appel à témoignages dans le cadre d’un mois contre la médecine misogyne  

Le 8 mars est peut-être l’occasion pour les boîtes de nuit de proposer une soirée « cocktail gratuit pour les filles » ou pour votre collègue Michel de faire la vaisselle à la place de sa femme, cela reste pour les militantes une date incontournable pour clamer haut et fort les revendications féministes. C’est dans cet objectif que le FSS de Médic’Action prend l’initiative de consacrer un mois au thème de la médecine misogyne.


EXPRESSION - CONTRE-CULTURE
L’amour et la révolution  

Projection-débat en première nationale du film "L’amour et la révolution" avec le réalisateur Yannis Youlountas, le 25 février, 19h au Méliès St François, 8 rue de la Valse à St-Étienne.


REPRESSION - PRISON
[Loi Travail] Condamnation en appel pour Nina, Jules et Yvan  

Relaxé.e.s en première instance, la cour d’appel de Lyon a condamné mardi 16 janvier Nina, Jules et Yvan.
Entre les amendes, (1000 à 2000€ chacun.e), les indemnités pour le député Jean-Louis Gagnaire et le 13ème mois pour les flics, illes devront verser au total plus de 6000€. Jules est en plus condamné pour rébellion à "un agent dépositaire de l’autorité publique" et écope de quatre mois de prison avec sursis.


REPRESSION - PRISON
En 2017, 34 personnes ont été tuées par la police et la gendarmerie  

Le journal Bastamag a effectué le décompte des personnes tuées par des policiers ou des gendarmes en 2017. Et relève que "la moitié des personnes abattues l’ont été par des policiers en dehors de leur service". 18 personnes ont été abattues par arme à feu et 16 sont mortes suite à une intervention des policiers ou des gendarmes.


INFORMATIQUE - SECURITE
L’histoire de Riseup.net  

Il était une fois, un groupe de jeunes sans-emplois dans la vingtaine qui sortait tout droit d’une exténuante, mais exaltante semaine de manifestation contre l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle. Une question rongeait leur esprit : quelle était la meilleure manière d’aider à construire un mouvement mondial pour la justice sociale ? Poussé-e-s par leurs idéaux d’hackers et de geeks, ils et elles arrivèrent avec un projet nommé riseup.net.