Informations globales   ANTIFASCISME / REPRESSION - PRISON

Sur les Gilets Jaunes, l’État et le fascisme – lettre d’Antonin Bernanos




Antonin Bernanos est un militant antifasciste autonome. Incarcéré durant près de deux ans suite à l’affaire de la voiture de police brûlée Quai de Valmy dans le contexte du mouvement contre la Loi Travail en 2016, il est de nouveau en détention – provisoire – depuis six mois suite à la plainte d’un hooligan d’extrême-droite dont le groupe a été mis en déroute lors d’une confrontation de rue avec des antifascistes. Le dossier étant vide en dehors de ce seul témoignage, il est clair que si Antonin se retrouve une nouvelle fois en prison, c’est en raison de son engagement politique, et singulièrement en raison du travail militant mené, avec bien d’autres de ses camarades, au cours du mouvement des Gilets Jaunes.
Dans cette lettre, Antonin revient sur l’infiltration des groupes d’extrême-droite durant la phase initiale du soulèvement, et sur la manière dont celle-ci s’articule étroitement avec la stratégie répressive de l’État – qu’il s’agisse de répression policière ou de propagande médiatique. Il rappelle également les conditions politiques de l’intervention des militants antifascistes qui ont permis de chasser l’extrême-droite des cortèges, en s’appuyant sur la construction de liens de confiance avec des groupes de gilets jaunes locaux. De cette analyse, il ressort que si l’État assume un tournant autoritaire (qui se manifeste en particulier par la radicalisation et l’autonomisation de sa police), il revient aux différents foyers de lutte d’approfondir leurs alliances, de faire front afin de se donner les moyens d’une victoire possible.


Je vous écris depuis la maison d’arrêt de la Santé, où je suis incarcéré dans le cadre d’une procédure judiciaire ouverte le 18 avril dernier à l’encontre de plusieurs personnes et militants antifascistes, suite à une confrontation ayant opposé des antifascistes à des militants d’extrême droite. Cela fait près de six mois que je suis enfermé, six mois au cours desquels j’ai subi différents types de pressions de la part de l’institution judiciaire et de l’administration pénitentiaire. J’ai dans un premier temps été écroué à la maison d’arrêt de Fresnes, où la direction m’a placé sous le régime de l’isolement médiatique en raison de mon appartenance à des « mouvances radicales et violentes d’extrême gauche ». J’ai été ensuite transféré du jour au lendemain à la Santé, en transit pour un transfert dans un établissement sécurisé en dehors de l’Île-de-France — puisque je bénéficierais, selon la direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris, de « soutiens extérieurs pouvant nuire à la sécurité des établissements franciliens ». Par ailleurs, il y a deux mois, la juge des libertés et de la détention en charge de mon dossier a ordonné la fin de ma détention provisoire et ma remise en liberté, décision aussitôt annulée par une cour d’appel aux ordres du parquet de Paris, qui a mobilisé son attirail judiciaire pour empêcher ma libération. Cet acharnement, assez typique de la justice et de l’administration pénitentiaire, est exercé à mon encontre alors que toutes les autres personnes incriminées ont été libérées et placées sous contrôle judiciaire, et qu’il n’existe aucun élément dans le dossier permettant de m’associer d’une quelconque façon à l’affrontement. Aucun élément, sauf la déclaration d’un militant identitaire, Antoine Oziol de Pignol, hooligan du Kop of Boulogne, au sein du groupe de la Milice Paris, militant actif de Génération identitaire, et proche du groupuscule nationaliste des Zouaves Paris, avec qui il était au moment de l’affrontement. Ce dernier a donc porté plainte et s’est constitué partie civile, affirmant reconnaître des militants antifascistes parmi les auteurs des violences dont il aurait été victime, et déclarant que je faisais partie du groupe qui a mis en déroute ses camarades et lui-même le soir des faits.

Au premier abord, le fait que des militants d’extrême droite appartenant à des groupes violents, et auteurs de nombreuses exactions au cours des derniers mois (agressions contre des femmes voilées ou des migrants pour Génération identitaire, attaquent des jeunes du Lycée autogéré de Paris ou, dernièrement, du cortège du Nouveau Parti anticapitaliste lors de l’Acte 11 du mouvement des Gilets jaunes pour les Zouaves Paris) puissent collaborer de manière aussi décomplexée avec la police et les instances répressives est de nature à surprendre. Mais il convient de replacer ce phénomène dans un cadre plus large, dans le contexte de révolte sociale et de répression généralisée que l’on observe depuis le début du mouvement social contre la loi Travail en 2016 jusqu’au mouvement des Gilets jaunes.

En effet, si les liens entre la police et l’extrême droite ne sont plus à démontrer [1], il est nécessaire de se pencher plus précisément sur la coagulation spécifique qui existe entre la police et les groupes d’extrême droite impliqués dans cette affaire. Ainsi le groupe Génération identitaire s’est toujours positionné en tant que supplétif de l’État et de sa police : occupation de mosquées dans un contexte d’explosion des politiques islamophobes [2], campagne « DEFEND EUROPE » pour bloquer les migrants en Méditerranée ou dans les Alpes au moment où les politiques migratoires européennes se radicalisent et où des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants perdent la vie au cours de leur voyage, ou plus récemment, occupation de la CAF de Bobigny dans un contexte de répression inédite à l’encontre du plus grand mouvement de lutte contre la précarité en France depuis des décennies. En ce qui concerne les Zouaves Paris, on peut rappeler, entre autres, leurs multiples agressions à l’encontre d’étudiants et de militants lors des blocages et des occupations d’université au cours du mouvement de 2018 contre la loi ORE. C’est également eux qui, lors du 1er mai 2018, tentaient de ratonner des manifestants en périphérie de la place de la Contrescarpe, au moment où Alexandre Benalla et sa milice de barbouzes tabassaient ceux qui n’arrivaient pas à quitter la place, après une journée caractérisée par un déchaînement de violences policières contre la manifestation internationale des travailleurs. Si cet événement était assez emblématique de la convergence et de l’articulation entre violence policière, violence de groupes armés travaillant au service de l’État en parallèle de l’institution policière, et violence des groupes d’extrême droite, c’est au cours du mouvement des Gilets jaunes que l’on a vu cette stratégie commune se déployer et se consolider à l’encontre du mouvement social.

Si les groupes et militants d’extrême droite ont finalement été chassés du mouvement et des manifestations à l’échelle nationale, il faut rappeler qu’au cours des premières semaines, leur présence était bien réelle au sein des mobilisations. On se souvient notamment du discours rabâché par les médias de masse selon lequel les violences à l’encontre des forces de l’ordre étaient commises par des groupes nationalistes « infiltrés » dans le mouvement. S’il est vrai que certains groupes d’extrême droite, dont les Zouaves et leur chapelle du Bastion social, ont participé au début aux affrontements avec les forces de l’ordre, il faut lire ces faits, et leur médiatisation, dans le cadre d’une stratégie plus large au bénéfice de l’État. Il s’agissait d’élaborer une répression morale (qui procédait en rendant possible la répression policière féroce que l’on a connue par la suite) stigmatisant le mouvement des Gilets jaunes comme un mouvement d’extrême droite violent. La présence des groupes d’extrême droite était donc entretenue, mise en scène et instrumentalisée afin de légitimer aux yeux de l’opinion publique les arrestations massives, les condamnations à l’encontre des Gilets jaunes au cours de comparutions immédiates expéditives, la prison, la violence, les mutilations…

Entretenir la présence de l’extrême droite et sa publicité était le moyen pour l’État de rendre illégitime un mouvement soutenu par une large majorité de la population. Une énième tentative de manipulation de l’opinion publique, qui s’est déployée à son paroxysme au moment de la polémique autour de « l’agression » de Finkielkraut et de « l’antisémitisme des gilets jaunes ». Soyons clairs : il ne s’agit pas de nier que des formes d’antisémitisme et de complotisme ont pu s’exprimer et se diffuser au sein du mouvement. Il s’agit d’exhiber les outils de répression morale de l’État, et de comprendre que le fascisme et ses idées en sont l’un des plus importants. Ledit antisémitisme, dont l’État se targuait d’être le plus vif opposant, doit également se comprendre comme un outil, une réalité entretenue sciemment au sein du mouvement. Si les thèses antisémites notoires, comme celles d’Alain Soral, ont pu se diffuser au sein du mouvement, par l’intermédiaire d’auxiliaires ou de militant fascistes, c’est parce que celles-ci ont été largement exacerbées et relayées par les médias de masse et le gouvernement. Et si tel a été le cas, c’est parce que ces thèses prétendument « antisystème » sont en réalité au service de celui-ci, et sont mobilisées en son sens. De l’extérieur, l’État s’en sert pour délégitimer le mouvement aux yeux de l’opinion publique. De l’intérieur, les thèses sur la « finance juive », articulées notamment autour de la banque Rotschild, permettent aux vrais ennemis, tels que la finance au sens large et le capitalisme en tant que système de domination et d’exploitation, d’être écartés, segmentés, pour cibler une soi-disant partie du problème plutôt que le problème en lui-même. Une fois de plus, stratégie répressive et stratégie fasciste font corps à l’encontre du mouvement social.

Reprenons le fil de notre propos. La présence des groupes d’extrême droite (comme les Zouaves Paris) au sein des Gilets jaunes, ne s’est pas limité à un rôle d’épouvantail du pouvoir. Ces derniers étaient avant tout présents pour tenter de chasser les militants antifascistes, autonomes et révolutionnaires. Il s’agissait de s’en prendre à ceux qui étaient également la cible des forces de police, en raison de leur soutien logistique et stratégique dans le mouvement, au cours de blocages économiques, ou dans les manifestations, en tant que force active dans l’autodéfense des cortèges face aux attaques de la police, auprès des Gilets jaunes.

À cette stratégie militaire s’ajoute la tentative d’infiltration des services d’ordre, mise en lumière par la présence d’un militant identitaire notoire, Victor Lenta [3] devenu membre autoproclamé d’un service d’ordre au sein duquel on a pu retrouver nos fameux zouaves de service [4]. Une fois de plus la stratégie fasciste faisait pleinement écho à la stratégie de maintien de l’ordre. Il s’agissait pour l’extrême droite d’intégrer des instances du mouvement pour mieux pouvoir s’en prendre aux groupes antifascistes, mais surtout, pour tenter d’imposer un cadre autoritaire aux manifestations, afin d’empêcher toute forme de débordement, et museler ainsi les nouvelles formes de luttes offensives, propres au surgissement des Gilets jaunes au sein du champ politique traditionnel. Ce fut la dernière tentative d’organisation réelle des forces fascistes. En effet, c’est en assumant un antifascisme de terrain que les antifas et les Gilets jaunes antiracistes ont chassé les militants d’extrême droite à Paris, à Lyon et ailleurs, faisant des manifestations des espaces où leur présence n’était pas admise et non négociable. C’est en devenant acteur du mouvement, et en ignorant les injonctions à boycotter celui-ci (provenant souvent de « militants » de notre propre camp, qui s’étaient laissés berner par l’association d’État « Gilets jaunes – extrême droite ») que nos combats quotidiens ont finalement payé. Ce travail de lutte, qui s’est mis en place chaque samedi pendant plusieurs semaines, n’a pu se faire qu’en étroite collaboration avec les groupes de Gilets jaunes à l’échelle locale et nationale et ne s’est pas réduit aux affrontements de rue avec les militants fascistes. Autonomes et antifascistes se sont placés au service du mouvement, tant sur le plan logistique que stratégique, acceptant de faire avec les nombreuses contradictions qui le traversaient, transformant celui-ci tout en acceptant d’être transformé à son tour, en se détachant des schémas sclérosés de la politique contestataire. Il a fallu pour cela mobiliser et mettre en place des stratégies et des formes de luttes nouvelles, affronter physiquement les groupes d’extrême droite, organiser la protection de leurs cibles, mettre en place des cortèges festifs et antiracistes, participer aux assemblées générales locales, s’investir sur les ronds-points, dans les blocages, mobiliser nos pratiques et notre savoir des luttes pour organiser des groupes de désarrestations face aux interpellations policières, ou encore protéger les cortèges contre la violence des forces de l’ordre. Tout cela n’a été rendu possible que grâce à la collaboration entre camarades d’horizons parfois très différents, mais avant tout grâce à la solidarité issue de nos alliances avec des Gilets jaunes à l’échelle locale, en particulier les Gilets jaunes de Rungis, sans qui la réussite du mouvement dans la métropole parisienne n’aurait pas été possible. Et c’est précisément ces alliances, ces rencontres, ce travail politique qui sont ciblés dans le cadre de l’affaire qui m’a conduit aujourd’hui à être de nouveau incarcéré et qui place une fois de plus l’antifascisme autonome sur le banc des accusés. Car il s’agit bien ici d’une stratégie commune de l’extrême droite et des institutions répressives qui tentent par la voie légale, pénale et carcérale de s’en prendre au mouvement et à ses différents protagonistes.

Ce que j’ai décrit précédemment n’est pas quelque chose de nouveau. Depuis des décennies, l’État français et l’extrême droite sont intimement liés dans la défense d’un capitalisme néocolonial — depuis la guerre d’Algérie et l’instauration du premier état d’urgence qui sera à nouveau mobilisé pour tenter de mater les révoltes des quartiers populaires en 2005, puis à l’encontre des musulmans au prétexte de la lutte antiterroriste, avant de s’abattre contre le mouvement social traditionnel et de s’étendre à la société dans son ensemble par la constitutionnalisation de ses prérogatives. Si la rencontre entre Gilets jaunes et quartiers populaires n’est restée pour l’instant qu’à l’état embryonnaire, il est nécessaire de rappeler que la violence d’État quant à elle fait depuis longtemps le lien entre les habitants des banlieues et les franges des classes populaires qui se sont organisées au sein des dernières mobilisations, en faisant des cibles privilégiées. La violence qui s’est abattue sur le mouvement des Gilets jaunes vient de loin. Cette nouvelle doctrine du maintien de l’ordre s’élabore depuis la répression des peuples en lutte pour leur liberté dans les anciennes colonies françaises. Les DAR et les BRAV ne sont que l’évolution des BAC, elles-mêmes créées pour réprimer les colonisés de l’intérieur après la guerre d’Algérie. Le flash-ball et les grenades qui ont mutilé tant de gilets jaunes sont des instruments perfectionnés depuis des années dans les banlieues des grandes métropoles. Et derrière toute cette violence, le fascisme veille au grain, toujours prêt à être mobilisé comme instrument de cette même violence. Depuis l’OAS, organisation d’extrême droite recrutant policiers et militaires pour commettre des attentats contre les Algériens. Depuis les années 1980, où les groupes fascistes ratonnaient les étrangers, avant de passer le relais aux forces de l’ordre, qui ont depuis retrouvé le monopole de la violence raciste, à travers son vecteur principal : les violences policières quotidiennes qui continuent à humilier, mutiler et tuer les habitants des quartiers populaires, parce qu’ils sont pauvres, Noirs, Arabes ou musulmans. Depuis longtemps, la police d’État et les groupes fascistes se partagent la violence raciste. Et c’est aujourd’hui cette même violence, construite dans la collaboration entre l’extrême droite et les forces de l’ordre, qui a été mobilisée contre le mouvement des Gilets jaunes et ses différents acteurs. La police et l’extrême droite collaborent à une cause commune : mater les révoltes populaires et défendre le système capitaliste.

Les dernières semaines ont offert un concentré spectaculaire de ce processus qui ne cesse de s’approfondir. La police, prise dans une radicalisation ininterrompue, se comporte toujours plus comme une force autonome : que l’on songe au meurtre de Steve à Nantes lors de la fête de la musique, que l’on songe à la manifestation illégale devant le siège de la France insoumise appelée par le syndicat d’extrême droite Alliance, ou tout récemment à la plainte déposée contre Assa Traoré (ultime étape d’un acharnement sans limites). À chaque pas en avant, les policiers reçoivent le soutien indéfectible du gouvernement, à chaque nouveau crime, ils savent pouvoir compter sur sa couverture systématique. Pendant ce temps-là, Marion Maréchal-Le Pen [5] et Éric Zemmour rivalisent de rhétorique haineuse et appellent sans complexe à des pogroms contre les musulmans en direct sur la chaîne de télévision d’un milliardaire français. Quant à Macron, qui a beau jeu de se poser en rempart face à l’extrême droite, il ne se contente pas d’appuyer aveuglément sa police déchaînée, mais décide de lancer une campagne sur l’immigration en reprenant littéralement les mots de l’extrême droite. La question n’est pas, comme le pense une social-démocratie aussi passive qu’apeurée, d’y voir les symptômes d’un sombre futur, les prémices du fascisme qui vient – possibilité dont on ne saurait se prémunir qu’en faisant confiance aux « progressistes » autoproclamés et autres défenseurs du « front républicain ». C’est tout le contraire que nous montre la situation actuelle : le fascisme n’est pas un horizon, c’est une tendance matérielle qui se développe au présent, au sein même des institutions – et que le macronisme, loin de constituer un rempart, accélère. C’est à cette mutation autoritaire de l’État que les mouvements sociaux naissants, dans leurs tentatives d’alliances et de renforcement réciproque, auront à se confronter.

Il ne s’agit donc pas seulement ici de réclamer ma libération et l’abandon des charges à l’encontre des antifascistes inculpés.

Même si c’est là l’un des enjeux de la lutte qui s’ouvre à nous, il serait stérile et sectaire de rester centrés sur nous-mêmes, assurant la défense de nos forces à un moment où la répression s’abat sur des franges de plus en plus larges des classes populaires. Si l’une des grandes forces de l’État est bien l’art du mensonge, de la déconstruction de la vérité, de la manipulation des faits et de leur réécriture médiatique, notre rôle à nous, en tant qu’antifascistes, est de réaffirmer le lien réel et fondamental qui unit les luttes actuelles, de l’antiracisme aux luttes contre la précarité. Nous ne devons pas oublier que des milliers d’êtres humains périssent aux portes de l’Europe. Nous ne devons pas oublier les jeunes de Mantes-La-Jolie, et les victimes des crimes policiers, depuis Malik Oussekine jusqu’à Adama Traoré et Zineb Redouane. Nous ne devons pas oublier les victimes des crimes fascistes, depuis Brahim Bouharam jusqu’à Clément Méric, mort sous les coups de nervis d’extrême droite il y a quelques années. Il est ma force au quotidien et mon phare dans la pénombre du monde carcéral. Nous ne devons pas oublier tous les Gilets jaunes blessés ou enfermés dans les geôles de l’État français. J’ai croisé la route de beaucoup d’entre eux derrière les barreaux, souvent isolés, oubliés et démunis de tout soutien politique extérieur. Plus largement, nous ne devons pas oublier toutes celles et tous ceux qui peuplent les prisons françaises, enfermé·e·s avant tout pour ce qu’ils sont et ce qu’ils représentent. Toute lutte révolutionnaire ne peut être qu’anticarcérale.

Nous ne devons pas oublier que toutes ces choses sont liées au sein d’un projet que nous devons combattre, mais aussi, et surtout, n’oublions pas que tous les mots, tous les textes, toutes les postures de principe ne valent rien s’ils ne se concluent pas par des actes. La séquence de luttes qui s’ouvre doit être celle des alliances qui se tissent depuis des années et des fronts communs, celle de l’autodéfense populaire et de toutes les révoltes.

Antonin Bernanos
Prison de la Santé,
Le 3 octobre 2019.

Lettre publiée sur le site ACTA.



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Informations globales   ANTIFASCISME

[Lyon] Vandalisme contre le local du PCF

Lyon. La liste est longue depuis une vingtaine d’année des agressions physiques et des attaques. Fin 2012, on a vu une recrudescence des agressions racistes et attaques ciblées de militantEs de gauche. La dernière en date était la dégradation, en mars 2018, du local de la CNT 69, après celui de la CGA (coordination des groupes anarchistes), du PCF du 1er arrondissement (dégradé cinq fois en cinq ans), de Radio Canut et de la Maison des passages, avant une conférence publique contre le racisme et les violences policières.


Informations globales   ANTIFASCISME / REPRESSION - PRISON

[Lyon] Répression du mouvement antifasciste : perquisition et garde-à-vue, six lyonnais.e.s interpellé.e.s

Mardi 13 novembre, à 6h du matin, six militant.e.s antifascistes ont vu leurs portes défoncées par des policiers cagoulés. Après plus de 24 de garde-à-vue, elles et ils sont accusé.e.s d’avoir, une nuit d’avril dernier, muré le local fasciste « Bastion Social » et sont poursuivis pour dégradation, outrage et même « association de malfaiteur ».


Saint-Étienne et alentours   ANTIFASCISME / MOBILISATIONS - LUTTES

Rassemblement contre la création de « L’action Française » à Saint Etienne

Face à la volonté de création d’un section de l’Action Française à Saint Etienne, le comité antifasciste stéphanois appelle à une mobilisation le vendredi 27 avril à 18h place Jean Jaures


Saint-Étienne et alentours   ANTIFASCISME / EXPRESSION - CONTRE-CULTURE

Sainté Antifa Fest’ 3/02

Le comité antifasciste ainsi que d’autres organisations politiques, syndicales et associatives travaillent depuis plusieurs années pour organiser différents rassemblements, manifs, tractages, discussions publiques, collages sur Saint Etienne…


Informations globales   ANTIFASCISME

Les identitaires Lyonnais virés manu militari de Saint-Chamond

Version des faits publiée le 21/03/2012 par la tribune le progrès : Vives tensions, ce mercredi après-midi, autour du parvis de la gare de Saint-Chamond où s’étaient installés des supporters lyonnais, refoulés du palais de justice de Saint-Étienne où ils étaient venus soutenir six membres du groupe Mezza Lyon jugés pour des dégradations et des tags. Six supporteurs lyonnais du groupe Mezza Lyon comparaissaient, ce mercredi, devant le tribunal correctionnel de Saint-Étienne. Il est reproché à ces individus d’avoir, à l’automne, dégradé une vingtaine de véhicules appartenant à des membres des Magic Fans et commis des tags sur leur local et des murs se trouvant à proximité.


Saint-Étienne et alentours   ANTIFASCISME / MOBILISATIONS - LUTTES

Manifestation contre le racisme

Samedi 28 Janvier 2017 à l’occasion de la venue de Marion Maréchal Le Pen dans la Loire, nous appelons à une grande manifestation Antifasciste à Saint Étienne à 14h30 à Jean Moulin.
Saint Étienne ville cosmopolite et prolétaire, les fachos n’ont rien à y faire !!


A la une...

MOBILISATIONS - LUTTES
Gilets Jaunes - Acte 50 : Appel à manifestation nationale à Saint-Étienne  

Depuis plusieurs semaines, l’appel circule sur les différentes plate-forme GJ de la Loire et d’ailleurs. Pour cet acte 50, les GJ de Saint-Étienne appellent à converger sur la ville aux sept collines pour un retour aux sources ! On reprend les bonnes habitudes : rendez-vous samedi 26 octobre à 13h au rond-point de Monthieu et à 14h place du Peuple. Tou.te.s ensemble ! On lâche rien !


MEMOIRE
Le massacre du 17 octobre 1961 à Paris : « Ici on noie les Algériens ! »  

Ce jour-là, des dizaines d’Algériens ont été noyés dans la Seine ou massacrés par la police française à Paris. C’est un devoir de justice de ne pas l’oublier.
Le 17 octobre 1961 alors que la guerre d’Algérie touche à sa fin, le FLN appelle à une manifestation pacifique dans les rues de Paris pour dénoncer le couvre-feu raciste imposé quelques jours plus tôt aux Algériens et par extension à tous les Maghrébins. Cette manifestation rassemble environ 30 000 personnes.


MIGRATIONS - SANS-PAPIERS
Rassemblement pour les personnes sans logement  

Depuis avril 2019, des personnes se battent à Saint-Étienne pour le simple droit à un logement digne. Depuis avril 2019, les pouvoirs publics à qui devrait incomber cette tâche restent - à une exception près - sans réaction, dans l’indifférence voire dans le mépris total. Depuis avril 2019, un collectif de lutte s’est créé pour tenter de faire face à cette urgence. Le collectif des habitants de la bourse appelle les Stéphanois.es à un rassemblement de solidarité, samedi 19 octobre à 14h, place du Peuple à Saint-Étienne.


ECOLOGIE - NUCLEAIRE
Détruire le capital : un combat vital  

L’heure n’est pas à une écologie de comptoir où on culpabiliserait ceux qui ne font pas le tri, l’heure est à une écologie radicale. On ne peut pas continuer dans un monde capitaliste, il faut s’attaquer aux racines du problème et arrêter de se contenter des guirlandes aux arbres. Continuer avec la surproduction, l’exploitation animale, à vivre dans la société du pétrole, c’est ne pas s’attaquer à la base du problème.


RESISTANCES ET SOLIDARITES INTERNATIONALES
Taclons Puma - 2e round  

Journée d’Action Internationale contre le sponsoring de Puma organisée par le collectif stéphanois de soutien au peuple Palestinien‎.
BDS42 reprend du service mercredi prochain. Ce 16 octobre à partir de 16h30, place du peuple, nous organisons un rassemblement pour la seconde action internationale contre Puma et dans le but de dénoncer leur sponsoring de la fédération israélienne de football.


DISCRIMINATIONS - RACISME
Appel à témoin suite à l’agression policière raciste du 28 septembre  

Appel à témoins concernant l’agression policière raciste ayant eu lieu rue Rouget de Lisle dans la nuit du 28 septembre.
Comme le racontait un texte publié il y a peu sur Numéro zéro, deux personnes noires ont été agressées par des policiers stéphanois dans la nuit du 28 au 29 septembre. Les forces de l’ordre les ont violemment frappées, humiliées, et ont eu à leur égard des propos et comportements extrêmement racistes et choquants.


RESISTANCES ET SOLIDARITES INTERNATIONALES
Déclaration de la Commune Internationaliste du Rojava  

Alors que Donald Trump a annoncé le retrait rapide des soldats présents dans la région, le président de la Turquie Erdogan en a profité pour menacer d’une opération militaire. Opération lancée hier ; quatre villes subissent des bombardements aériens de l’armée turque. Le but pour Erdogan : éradiquer les forces kurdes et leurs alliéEs en place dans la région du Rojava et éradiquer toute velléité d’émancipation des peuples. Le peuple kurde du Rojava lance un appel à la mobilisation.


REPRESSION - PRISON
[Courrier Parloir Hélicoptère] Partage d’experiences et d’outils sur le soutien aux personnes incarcérées  

Lancement de la plateforme Courrier Parloir Hélicoptère pour référencer et partager des expériences et des outils de soutien aux personnes incarcérées.
Nous sommes un petit groupe de personnes qui avons et avons eu des proches incarcéré-es et on a rencontré des difficultés à communiquer avec elleux – ce qui nous a amenés à nous poser des questions sur les outils à mettre en place pour lutter contre l’isolement des personnes incarcérées.


GENRE - FEMINISME
[CNT Femmes Libres Sainté] Présentation et Brochure d’octobre 2019  

« CNT Femmes Libres » est un outil non-mixte de lutte contre les violences patriarcales sur les lieux de travail, dans les pratiques syndicales, dans l’espace privé ou public.


REPRESSION - PRISON
IanB, membre de Désarmons-les ! revient sur son arrestation à Montpellier le 28 septembre 2019  

Samedi 28 septembre, aux alentours de 16h, lors de l’acte 46 des gilets jaunes, IanB, membre du collectif Désarmons-les !, s’est fait violemment interpeller. On nous relate plusieurs faits de violences au même endroit : des coups de matraque qui visaient une observatrice LDH et des personnes qui, dans le passé, ont déjà été mutilées ou blessées par la Police. On nous relate un contexte très violent, anxiogène et paniquant. Dans cette lettre IanB revient sur son interpellation et sur le sentiment d’injustice et de colère qui l’a envahi à sa sortie de garde à vue et sur cette brutalité d’État qui se banalise.


DISCRIMINATIONS - RACISME
Agression raciste de la part de la police stéphanoise  

Un habitant de la ville a envoyé son témoignage dans lequel il dénonce une agression raciste de la part de la police stéphanoise. Ces faits se sont produits ce week-end et il est primordial de les faire connaître. En effet, ce genre d’agressions de la part des forces de l’ordre n’est pas rare et il faut les dénoncer par tous les moyens !