Saint-Étienne et alentours Couac   MEMOIRE / SYNDICALISME - MOUVEMENT OUVRIER

Une Mine autogérée à Saint-Étienne... en 1891 !




Inaugurée en 1891, la Mine aux mineurs de Monthieu dura jusqu’en 1908. Elle ne fut pourtant ni la mine autogérée qui dura le plus longtemps en France, ni même la seule Mine aux mineurs dans le bassin minier de la Loire, qui en compta deux autres à Rive-de-Gier dans les mêmes années.
Elle eut une vie agitée, secouée par de nombreux procès, et même une grève ! Et pourtant elle réussit à faire vivre, pendant plus de dix ans, entre 70 et 100 mineurs, là où la compagnie précédente avait échoué, et cela alors qu’elle manquait de capitaux. Son histoire mouvementée et contrastée prouve bien que, selon un proverbe célèbre, « l’autogestion, c’est pas de la tarte ! ». Mais, justement, ses difficultés et ses contradictions constituent une expérience précieuse, utile à toutes celles et tous ceux qui veulent construire l’autogestion ou, de manière plus limitée, qui souhaitent plus de démocratie dans les entreprises. Aujourd’hui encore, cette expérience peut être utile, comme elle le fut à la fin du XIXe siècle.


L’autogestion vient de très loin

La Mine aux mineurs de Monthieu ne fut pas la première dans la Loire. Deux autres avaient été fondées avant elle : la mine aux mineurs du Ban, près de Rive-de-Gier [1], et surtout la Mine aux mineurs du Gier [2]. La mine de fer de Rancié, en Ariège, dont la propriété collective était attestée depuis le XIIIe siècle, était sans doute plus ancienne encore et dura jusqu’au Xxe.
Elle prend place parmi les très nombreuses formes d’autogestion ouvrières ou populaires qui existaient au XIXe siècle : coopératives plus ou moins formelles d’ouvriers à domicile, tailleurs ou cordonniers, sociétés de secours mutuels fondées par des ouvriers, coopératives ouvrières de production, coopératives ouvrières de consommation, très nombreuses à la fin du XIXe siècle et au début du Xxe.
Elle bénéficia, lors de sa création en 1891, de nombreux soutiens. La compagnie Stern, qui exploitait jusque là la concession de Monthieu, venait de faire faillite. Elle laissait sur le carreau 500 ouvriers. La Chambre syndicale des mineurs de la Loire demanda à reprendre la concession. Elle ouvrit une souscription et réunit alors de très nombreux dons [3].
Deux grandes raisons expliquent cette popularité et ces soutiens : d’une part, les coopératives intéressaient de très nombreux courants politiques ou philosophiques ; d’autre part, Saint-Étienne et l’opinion française toute entière étaient secouées par la série des grandes catastrophes minières stéphanoises et les grèves des mineurs.
Une terrible série de grandes explosions minières frappait alors Saint-Étienne. La première explosion du puits Jabin, en novembre 1871, avait tué 72 mineurs, c’est-à-dire sensiblement plus que les plus grands accidents connus jusque là dans le bassin. La deuxième dans le même puits, en février 1876, en avait tué 186. Et ça continuait [4] ! Ces grandes catastrophes avaient très fortement ému l’opinion publique, et les dons étaient arrivés de la France entière pour secourir les blessés et les familles des morts [5].
Les grèves et émeutes de mineurs, elles aussi, avaient ébranlé l’opinion publique dans les années précédentes. En 1882, la bande noire de Blanzy avait contesté un directeur et propriétaire très autoritaire. En 1884 avait eu lieu la grande grève des mineurs d’Anzin, suivie en 1886 par celle de Decazeville, qui dura plus de trois mois, et où fut tué l’ingénieur Watrin, le sous-directeur de la mine. Les mineurs de la Loire, eux aussi, s’agitaient : une grande grève infructueuse et marquée par des affrontements avait eu lieu en octobre 1888 ; plusieurs autres avaient eu lieu en 1890, à Saint-Étienne, Rive-de-Gier et Villars, puis à Firminy et Roche-la-Molière.
Après la Commune [6] et la reconstitution du mouvement ouvrier, la Fédération des mineurs de France dirigée par Michel Rondet, et plusieurs courants politiques socialistes ou radicaux contestèrent le système des concessions minières. Tout comme la terre devait revenir au paysan, les mines devaient être possédées par les mineurs. De 1884 à 1891, plusieurs propositions de loi demandèrent que les mines soient exploitées par l’État ou bien par des associations de mineurs.
Après la faillite de la compagnie Stern, la Chambre syndicale des mineurs de Saint-Étienne se porta volontaire pour reprendre la concession. Après négociation, elle racheta pour un prix assez faible les bâtiments, matériels et droits d’exploitation.
Dès 1892, des désaccords opposèrent les administrateurs de la Mine aux mineurs à la Chambre syndicale des mineurs de la Loire, dont ils étaient pourtant issus. Moins de quatre mois après l’inauguration, une partie des mineurs fit grève contre les administrateurs. Ceux-ci démissionnèrent en juin et une autre équipe fut élue.
À ses débuts, la Mine aux mineurs n’avait pu employer qu’environ 90 sociétaires, qui possédaient chacun une action. Son activité augmentant, elle embaucha des ouvriers auxiliaires, donc sans actions et sans plus de droits que dans une autre compagnie. Assez vite, et très logiquement, ces auxiliaires demandèrent à devenir eux aussi sociétaires.

Au plus fort de son activité, la Mine aux mineurs employa environ 120 mineurs

Une assemblée générale leur refusa ce droit en mai 1894. Ils envahirent l’assemblée suivante. La direction les renvoya le lendemain, puis réembaucha début septembre ceux qui acceptaient d’être « simplement occupés suivant les règles admises entre patrons et ouvriers ». Dix auxiliaires refusèrent et intentèrent un procès, qu’ils gagnèrent en janvier 1895. Ces 31 auxiliaires devinrent donc eux aussi sociétaires.
Cependant, la Mine aux mineurs embaucha à nouveau d’autres auxiliaires. Ceux-ci, soutenus par la Chambre syndicale, intentèrent à leur tour un procès en février 1901, procès qu’ils perdirent en juin. Quinze nouveaux sociétaires furent cependant admis en 1902.

Au plus fort de son activité, la Mine aux mineurs employa environ 120 mineurs. Elle laissait donc sans emploi beaucoup des mineurs de la compagnie Stern. Elle connut des difficultés financières dès 1894 [7]. En juin 1895, elle se trouvait au bord de la faillite, mais elle se redressa à partir du mois de septembre, en partie aidée par une hausse des prix du charbon. En 1899, elle avait entièrement résorbé ses pertes, tout en menant d’importants travaux de recherche, en particulier le fonçage d’un nouveau puits.
Ses comptes se dégradèrent à nouveau à partir de 1903. Elle fut mise sous séquestre en 1908, et déposa son bilan en mars 1909.

Quel bilan ?

Comme on l’a vu, l’emploi ne fut qu’assez partiellement sauvegardé : alors que la compagnie Stern employait 500 mineurs, la Mine aux mineurs n’en employa que 120 environ dans ses meilleurs jours. Mais, là où la compagnie privée avait fait faillite, la coopérative maintint une centaine d’emplois pendant plus de dix ans, malgré un capital de départ très faible.
Le bilan démocratique est plus positif mais doit lui aussi être nuancé, notamment par le refus répété d’accepter les auxiliaires comme sociétaires. Avec cette limite, la vie démocratique de la Mine aux mineurs était très réelle et assez active. Les administrateurs de la mine étaient des mineurs élus par les assemblées générales, devant lesquelles ils rendaient des comptes. La Mine aux mineurs tenait une à deux assemblées générales par an, dans lesquelles tous les sociétaires pouvaient intervenir à leur gré, et qui donnèrent souvent lieu à des discussions animées. Les ingénieurs de la mine n’étaient que des salariés de la Mine aux mineurs : s’ils avaient des pouvoirs importants en matière de direction du travail au quotidien, ils n’avaient ni pouvoir de sanction, ni pouvoir sur les embauches. De ce point de vue, les sociétaires étaient beaucoup plus libres que les mineurs des compagnies voisines et disposaient d’un vrai pouvoir sur les orientations de la coopérative.
Gros avantage, la Mine aux mineurs fut l’une des toutes premières entreprises françaises à appliquer les huit heures de travail, comme elles étaient conçues à l’époque dans les mines, et bien avant que la loi les rende obligatoires. Du point de vue des salaires, elle paya ses ouvriers, sociétaires ou auxiliaires, un peu plus que les autres mines du bassin. Le vrai point noir est celui des retraites : comme beaucoup de compagnies minières, la Mine aux mineurs n’avait pas constitué de caisse séparée, malgré l’obligation que la loi de 1894 lui en fit. Quand elle fit faillite, elle ne put donc pas servir de retraites à ses anciens salariés.

En fait, la Mine aux mineurs de Monthieu n’a été ni l’aberration contre-productive décrite par les commentateurs proches des compagnies minières ni le morceau d’utopie que voudraient y voir des descriptions trop idéalisées.

Elle fut, du début à la fin, réellement aidée par l’État, qui ne perçut pas la redevance minière qu’il demandait aux autres compagnies. Par contre, elle commença avec des fonds propres très insuffisants, dans une branche qui demandait de gros investissements. Malgré ce gros handicap, et des rendements inférieurs aux moyennes du bassin, elle dura jusqu’en 1908 : de fait, la gestion ouvrière s’était montrée aussi efficace que celle des compagnies capitalistes.
En fait, la Mine aux mineurs de Monthieu n’a été ni l’aberration contre-productive décrite par les commentateurs proches des compagnies minières, qui croyaient souvent à un modèle de l’ingénieur omniscient et tout-puissant, ni le morceau d’utopie que voudraient y voir des descriptions trop idéalisées. Dans l’ensemble, elle a eu de vrais mérites car elle a à la fois sauvegardé une partie des emplois et également été géré de manière à être plus avantageuse et plus avisée que celles d’autres compagnies minières.
Avec ses avancées et ses limites, elle a constitué, tout simplement, une expérience : une des rares expériences autogestionnaires françaises dans un domaine qui s’y prête particulièrement mal, celui des industries lourdes. Une parmi d’autres qui fait réfléchir, par exemple, à l’intégration des nouveaux embauchés parmi les sociétaires. Une expérience irremplaçable, comme toutes les expériences autogestionnaires, pour qui souhaite une société plus juste, plus humaine et plus égalitaire, et ce dans tous les domaines de la vie [8]. Elle a eu des limites. Pas plus que les autres, elle ne constitue un modèle qu’il suffirait de reproduire ou d’étendre pour aboutir à une société idéale. Mais avec les autres expériences alternatives, elle participe à la transformation immédiate des pratiques sociales et à une confrontation immédiate aux difficultés de la pratique sans quoi tous les rêves d’une société meilleure ne peuvent que rester lettre morte.

[1Fondée en 1868 par dix ouvriers dont un ancien chercheur d’or.

[2Fondée en 1886 par le syndicat des mineurs de Rive-de-Gier, qui en employa environ soixante et dura jusqu’en 1899.

[3Le conseil municipal de Paris donna 50.000 francs, Hippolyte Marinoni, le directeur du grand quotidien populaire Le Petit journal en donna autant. La ville de Saint-Étienne, la Chambre des députés, de très nombreux particuliers de toutes opinions souscrivirent ou attribuèrent des subventions.

[4Au puits Chatelus en mars 1887 : 79 morts... Au puits Verpilleux en juillet 1889 : plus de 210. Au puits Pélissier, un an plus tard : encore 118 morts.

[5La série n’était pas finie : la dernière des grandes explosions stéphanoises du XIXe siècle survint le 6 décembre 1891, au puits de la Manufacture, le surlendemain de la Sainte-Barbe et le lendemain de l’inauguration de la Mine aux mineurs. Elle fit 70 victimes, plus les blessés...

[6La commune (soulèvements de 1871 à Paris), ou plutôt les Communes. car il y en eut aussi à Lyon, au Creusot, à Marseille, à Narbonne... et à Saint-Étienne.

[7Le préfet Lépine prit prétexte de la grève de 1892 pour distribuer les 60.000 francs de subventions attribués par la Chambre des députés et la Ville de Paris aux anciens mineurs de la Compagnie Stern et au bureau de bienfaisance de Saint-Étienne, et non à la Mine aux mineurs.

[8Il ne suffit pas de modifier la propriété d’une entreprise, par exemple en la nationalisant, pour transformer son fonctionnement interne.


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URBANISME - GENTRIFICATION - TRANSPORT
« Cœur d’Histoire » : beaucoup de bruit pour...  

Jeudi 20 Juin 2019 à 18h dans une salle de la Bourse du Travail avait lieu une réunion durant laquelle le maire de Saint-Étienne et son adjoint à la politique du logement Monsieur Jean-Pierre Berger, remettaient une synthèse des quatre ateliers thématiques qui se sont déroulés ces derniers mois, dans le cadre du projet « Cœur d’Histoire », des ateliers auxquels ont participé tout au plus 300 habitant.es., qui, aux dires des Stéphanois.es interviewé.es pour cet article, n’étaient pas très représentatifs de la population dans son ensemble.


FLICAGE - SURVEILLANCE
GJ, six mois plus tard : après la répression policière, la répression judiciaire  

Interpellés lors de l’acte VIII du mouvement des Gilets Jaunes, deux stéphanois – accusé d’outrages, rébellion et violence sur « agents dépositaires de l’autorité publique » – étaient à la barre du tribunal correctionnel mercredi 12 juin.


MOBILISATIONS - LUTTES
Les ouvriers de Colas en grève  

Les ouvriers de colas se sont mis en grève pour demander l’annulation du licenciement de leur collègue.


AIDE A LA REDACTION
Topo Numéro Zéro 2019  

Le Numéro Zéro existe depuis 2003. Rapide retour en archives sur son histoire et son fonctionnement.


FLICAGE - SURVEILLANCE
Qui est Magali Tabareau, la juge attaquée chez elle au LBD ?  

Lundi 17 juin 2019 vers 9h30, deux personnes munies de casques de moto ont sonné à la porte de la présidente de la cour d’assises de Versailles, Magali Tabareau, à Nézel. Lorsqu’elle a ouvert sa fenêtre, elle a reçu un tir de Lanceur de Balle de Défense en plein visage, sous l’œil. Elle a été hospitalisée dans la foulée, victimes de multiples fractures. Article publié sur Desarmons-les !


RESISTANCES ET SOLIDARITES INTERNATIONALES
Soutien aux mobilisations en Algérie : quinzième rassemblement à St-Étienne  

Alors qu’en Algérie la contestation ne faiblit pas pour réclamer la fin du système que symbolisait l’ancien chef de l’État Bouteflika, la solidarité continue à s’exercer à l’étranger. Dimanche 16 juin se tenait à Saint-Étienne le quinzième rassemblement en soutien au peuple algérien.


MEMOIRE
La fusillade du Brûlé à La Ricamarie, c’était il y a 150 ans  

Ce n’est pas d’aujourd’hui que le pouvoir blesse, mutile et tue. Il y a cent cinquante ans jour pour jour, le 16 juin 1869 à La Ricamarie, la troupe tire froidement et sans sommation sur des mineurs en lutte et leurs soutiens. Bilan : quatorze morts. Retour sur cet événement marquant de l’histoire du mouvement ouvrier avec un extrait de l’ouvrage de Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1865 à nos jours.


FLICAGE - SURVEILLANCE
Pétition en ligne contre l’installation de micros à Beaubrun-Tarentaize  

Le collectif SERENICITY lance une pétition en ligne contre l’installation de micros à Beaubrun-Tarentaize. Signez ! Diffusez ! Cette pétition et les signatures collectées seront ensuite envoyées à la Commission nationale informatique et libertés avec un courrier d’explication.


URBANISME - GENTRIFICATION - TRANSPORT
[Radio] Joie, rage et courage - Qu’est-ce qui se trame ?  

Alors qu’une troisième ligne de tramway va arriver à Saint-Étienne, retour sur les choix de construction des lignes de tramway et les projets de restructuration urbaine avec la gentrification en toile de fond. Petit exemple de lutte contre les transports payants avec les mutuelles des fraudeur-euses et les actions des R.Z. en Allemagne à la fin des années 70.


LOGEMENT - SQUAT
Logement : pas de repos sur Les Lauriers  

Si le rejet par le tribunal de l’expulsion de la Poste à Solaure a donné un peu de répit à ces personnes à qui l’on refuse l’accès à un logement, il n’en demeure pas moins qu’elles sont contraintes, ici comme ailleurs, de vivre dans un squatt. Rencontre avec un de ceux qui slaloment entre les squats, la rue et l’hébergement d’urgence (article paru initialement dans le journal du Carnaval de l’Inutile de mars 2019).