Saint-Étienne et alentours Couac   ARMEMENT / MEDIAS / MEMOIRE

Une ville d’armes et d’histoire




Les dossiers Couac

Saint-Étienne a une sacrée histoire, une histoire multiple, des histoires rouges, noires, jaunes, vertes... Mais ici, on va surtout s’intéresser à celle de l’armement, thématique oblige.


Tout commence, on ne sait trop quand, cela diffère selon les sources. Les plus optimistes parlent de traces de forges à l’époque de Jules César, d’autres, peut-être plus sérieux (le Musée d’Art et d’Industrie), annoncent le XIVe siècle pour les premières traces d’armuriers à Saint-Étienne. L’affaire fait son bonhomme de chemin et en 1535 François Ier envoie un émissaire, George Virgile, organiser la production d’armes pour ses guerres italiennes. Voilà le destin de Saint-Étienne pour les siècles futurs : fabriquer les armes du pouvoir. En 1669, on compte dans le recensement de Saint-Étienne 600 armuriers et 50 canonniers pour 28 000 habitants. L’armurerie s’installe, et s’installe même vraiment, car un siècle plus tard (en 1764), Louis XV veut uniformiser et augmenter la production d’armes militaires (quel homme moderne !) et crée alors la Manufacture Royale qui a le monopole des armes de guerre avec celle de Charleville. L’ingénieur Griboval, un type qui n’aurait pas détonné de nos jours, met en place un tas de mesures pour rationaliser la production. Division des tâches entre les ateliers, mécanisation, uniformisation, l’objectif est que toutes les armes soient interchangeables entre elles. Ce qui n’est pas sans faire râler les armuriers, qui perdent de leur indépendance. Un banc d’essai est aussi créé au sein de la Manufacture pour tester les armes. La production augmente, et pendant la Révolution, l’État décide de passer en régie directe de la Manufacture, il n’y a plus d’entrepreneurs en intermédiaire. En période trouble, mieux vaut avoir la main ferme sur l’armement !

La ville est tellement célèbre pour sa production qu’elle s’appellera entre 1793 et 1795 Armeville, ce nom douteux sera heureusement vite oublié… Il faut dire qu’à cette époque, l’ambiance n’est pas très pacifique, et que la Manufacture marche à plein régime ! Le début du XIXe siècle voit la naissance d’affaires encore vivantes telles que Verney-Carron (le Flash-ball), ou Rivollier (qui ne fabrique plus vraiment, mais fournit les habits de la police municipale de Saint-Étienne par exemple). Sous le Second Empire, là aussi on produit beaucoup de fusils. Il faut dire que Napoléon III s’en donne à cœur joie. Après être allé d’abord en Crimée en découdre avec les Russes (1854-1856), il va ensuite en Italie, il agrandit ou crée nombre de colonies (Sénégal, Madagascar, Comores, Djibouti, Cochinchine…), va mettre à sac le Palais d’été de Pékin, et va mettre son grain de sel au Mexique… Je dis « il », mais comme toujours c’est « Leurs guerres, nos morts », lui reste au chaud à Paris, les soldats se battent et les ouvriers stéphanois fabriquent tout le nécessaire pour l’impérialisme français. Et pour cela, en 1864, sont construits place du Treuil les nouveaux bâtiments de la Manufacture, elle quitte alors la place Chavanelle et le quartier des armuriers pour ses nouveaux quartiers (aujourd’hui, Cité du design et tout ce qui l’entoure). La chute de l’Empire est donc un coup dur pour l’armurerie stéphanoise, il faut attendre la Loi Farcy de 1885 libéralisant la production et la vente d’armes, et la production d’un nouveau fusil (le fusil Lebel) un an plus tard pour relancer l’économie stéphanoise.

Un autre monument stéphanois se crée à la même époque : Manufrance. Créée en 1885, elle perdurera durant pile un siècle. Cette entreprise modèle croit bien vite sous le patronage de ses fondateurs Étienne Mimard et Pierre Blachon. Ce dernier meurt au bout de quelque temps, et voilà que Mimard est seul aux commandes. Des bâtiments gigantesques sortent de terre Cours Fauriel, ultramodernes, novateurs, où tout est parfaitement hiérarchisé, chronométré, contrôlé… On dit que Mimard pouvait voir tous « ses » employés depuis son bureau ! Le rêve panoptique ! Arrive la Première Guerre mondiale, et forcément, si les obus explosent, la production d’arme explose, c’est alors plus de 10 000 personnes qui travaillent à la M.A.S. [1]. Et puis voilà 1936 et ses grandes grèves (ou plutôt 1937, on est en retard à Saint-Étienne). La plus célèbre sera celle des cent jours de Manufrance pour obtenir de meilleurs salaires. Étienne Mimard, n’étant pas très doué pour le dialogue et trouvant que sa femme fait déjà un sacré boulot en matière de bonnes œuvres, ne comprend pas pourquoi il devrait augmenter ses ouvriers. La mairie Front Populaire soutient le mouvement, Mimard enrage, des syndicalistes sont licenciés. Finalement, un arbitre nommé par l’État imposera un compromis, que Mimard ne respectera pas (sur la réintégration des syndicalistes licenciés notamment).

Deux ans plus tard, voilà une nouvelle guerre, la M.A.S. est réquisitionnée par l’armée allemande en novembre 1942 pour lui produire des armes. À nouveau, c’est plus de 10 000 personnes qui y travaillent, il s’organise en interne des réseaux de résistance qui sabotent la production. On parle de 99 % de rebut sur certains lots, et de nombreuses machines endommagées. À tel point qu’un agent secret de Londres notera dans son rapport qu’un employé sur deux est un contrôleur qui vérifie que les machines n’ont pas été déréglées, cassées, et que les pièces sont utilisables !
Après la Seconde Guerre mondiale, voilà que la production d’armes de guerre diminue, mais l’armement de chasse lui se porte à merveille. Il faut racheter tous les fusils confisqués par l’armée allemande ! On compte encore 5500 salariés à la M.A.S. en 1947, dont 4700 CGTistes et 750 encartés au PCF ! Mais jusqu’en mai 68, il n’y a pas de mouvement majeur et cette année-là, face aux revendications des ouvriers de la Manu, la direction est plutôt conciliante. L’armement c’est stratégique, donc les revendications ouvrières sont vite satisfaites pour éviter un arrêt trop long de la production et surtout par peur que ceux-ci prennent la production ! Mais avec les années 70 arrive la fameuse crise, Manufrance décline, se fera racheté en 1980 par un certain Bernard Tapie qui signe là un de ses premiers coups fumeux, puis à la fin de cette même année une SCOPD [2] est créée par les derniers employés. Mais en 1985 c’est officiel, Manufrance c’est fini. Pendant ce temps, la M.A.S. ne se porte pas si mal puisqu’elle produit des FAMAS [3] en nombre et qu’elle s’est diversifiée dans divers éléments des chars. En 1989-90, la M.A.S. passe sous le giron de GIAT Industries [4], une entreprise à capitaux d’État, première pierre posée vers sa privatisation. Dix ans plus tard, le site est fermé et vendu aux enchères… Pour devenir la Cité du design. De la guerre au design, il n’y a qu’un pas…

Alors qu’est-ce qu’il reste de toute cette histoire ? Quelques bribes du passé armurier et militaire de Saint-Étienne. Optsys, filiale de Nexter (ex-GIAT) qui fabrique des outils optiques pour mieux tirer sur les méchants depuis les chars est le seul survivant sur le site de la M.A.S. Le banc d’essai teste les armes et fait des tests de résistance sur divers matériaux. EDIACA, imprimerie de l’armée, s’occupe notamment de l’impression des bulletins de salaire des soldats. À Saint-Chamond, on trouve une filiale de Nexter spécialisée dans l’armement et la protection des risques nucléaires, biologiques et chimiques. Voilà pour l’aspect militaire, on a fait le tour. Un ancien CGTiste de la M.A.S. me disait : « si on fait la guerre, au moins qu’on n’engraisse pas les capitalistes vendeurs d’engins de mort. Il faut une production gérée par l’État et qu’on n’en vende pas aux autres ». Mais des armes étatiques, démocratiques, communistes ou libertaires, ça reste des armes, non ?

A la mi-octobre, un nouveau journal pour décrypter l’actualité politique à Saint Étienne et sa région a vu le jour. Un gros dossier sur l’armement dans la région compose le cœur de ce premier numéro. Il y aussi un retour sur l’euro 2016, des brèves sur les personnages de notre région, de beaux dessins, des mots-croisés et autre divertissements...
Vous pouvez trouvez le reste des articles, dans la version papier dans tous les lieux chouettes de Sainté.

[1Manufacture d’Armes de Saint-Étienne est le nouveau nom républicain de la Manufacture Royale

[2Société Coopérative de Production et de Distribution

[3Fusil d’Assaut de la M.A.S.

[4Groupement Industriel des Armements Terrestres



modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Dans les mêmes thématiques...

Informations globales   ARMEMENT

[Lyon] Rencontre et débat à propos des exportations d’armes de la France le samedi 13 avril

Le collectif NINA Lyon vous invite à venir nombreuses et nombreux au débat qu’il organise avec l’Observatoire des Armements le samedi 13 avril à 15 heures à l’Atelier des canulars 91 rue Montesquieu, 69007 Lyon.


Saint-Étienne et alentours   ARMEMENT / REPRESSION - PRISON

Réflexions sur VERNEY-CARRON SA...

Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, Verney-Carron SA, le fabricant et inventeur du célèbre Flash-Ball®, cherche à tout prix à se dédouaner de toute responsabilité dans la mutilation et la répression de nombreux manifestants...


Informations globales   ARMEMENT / MOBILISATIONS - LUTTES

Appel à bloquer Verney-Carron et toutes les usines d’armement !

Pour les blessé.es par les forces de l’ordre, pour celles et ceux qui sont mort.es de s’être révolté.es, du 29 au 31 mars 2019, bloquons toutes les usines d’armement qui participent à la represion des mouvements sociaux !
À Saint-Étienne se trouvent deux grands spécialistes de la fabrication d’armes : Verney-Carron et Le Banc National d’Épreuve des Armes.


Saint-Étienne et alentours   ARMEMENT

Retour sur le forum pour le désarmement de la police et la démilitarisation des conflits

Ce n’est pas un hasard, si ce week-end, se sont rassemblés aussi bien des individus que des collectifs : collectifs de blessés par les armes de la police, des collectifs de soutien aux victimes de violences et meurtres policiers, des militants des mouvements sociaux (syndiqués ou non), des sociologues, des associations soutenant la cause palestinienne, des membres de l’observatoire de l’industrie ,de la défense et de l’armement international…


Saint-Étienne et alentours   ARMEMENT

FAMAS’tival : une parade colorée sous pression

Le "Forum pour le désarmement de la police et la démilitarisation des conflits" appelait, samedi 22 octobre 2016 à un FAMAS’tival. Une déambulation carnavalesque pour dénoncer la politique guerrière coloniale de la France et la répression des « indésirables » par les forces du maintien de l’ordre.


Saint-Étienne et alentours   ARMEMENT

Communiqué suite à l’interdiction par la préfecture du FAMAS’tival

Forum pour le désarmement des polices et la démilitarisation des conflits.
Depuis plusieurs mois, nous préparons un week end de rencontres autour de l’armement.
Des collectifs, des organisations politiques, des individu’es, se coordonnent pour que les 22 et 23 octobre se déroulent à Saint Etienne ces rencontres.


Saint-Étienne et alentours   ARMEMENT

FAMAS’tival : manifestation interdite par la préfécture et campagne de diffamation

Les organisateurs et les organisatrices du « Forum pour le désarmement de la Police et la démilitarisation des conflits » sont la cible d’une campagne de provocation à la violence depuis plusieurs jours et se sont vus interdire la manifestation prévue cette après-midi.
Un appel à rassemblement est maintenu.


Saint-Étienne et alentours Couac   ARMEMENT

On n’a plus faim

Les dossiers Couac
Voilà déjà trois mois que les réjouissances de la coupe d’Europe de l’UEFA 2016 sont passées, pourtant le banquet pèse toujours sur l’estomac.
Parmi les aigreurs et relents fétides, on compte le dispositif sécuritaire mis en place pour encadrer la fan zone et divers événements rythmés par les matchs, qui peinent à se transformer en selles. Mais aussi une gaillardise d’un autre genre : l’exposition Sainté Créativity (sic) qui a eu lieu du 11 juin au 10 juillet Place de l‘Hôtel de Ville.


Saint-Étienne et alentours Couac   ARMEMENT / MEDIAS

Verney-Carron, artisan de notre sécurité

Les dossier Couac
À Saint-Étienne, ancien bastion de l’industrie de l’armement, l’entreprise Verney-Carron est une des seules survivantes de la longue tradition armurière de la ville. Petit tour d’horizon du passé et du présent de cette boite aux visées humanistes et bienfaisantes…


Saint-Étienne et alentours   ARMEMENT

FAMAS’tival

Dans le cadre du forum pour désarmer la police
Les 22 et 23 octobre prochain se tiendra à Saint Etienne un « Forum pour le désarmement des polices et démilitarisation des conflits ». Deux jours d’ateliers, de discussions, de concert et... de carnaval !


Saint-Étienne et alentours   EXPRESSION - CONTRE-CULTURE / MEDIAS

Préparation de l’évènement autour de Lorraine Coeur d’Acier

AVATARIA, LA LAVERIE et RADIO DIO vous proposent de vous associer à l’évènement qu’elles vont organiser début avril 2020 autour de l’histoire de Lorraine Cœur d’Acier (LCA). Une réunion publique est organisée ce jeudi 10 octobre 2019 à 18h30 à la Guiguette de la vieille Mule à Sainté.


Saint-Étienne et alentours   EXPRESSION - CONTRE-CULTURE / MEDIAS

Grosse soirée de soutien à Rebellyon pour une rentrée Post-Apocalyptique le samedi 21 septembre 2019

Soirée de soutien à Rebellyon.info le samedi 21 septembre à partir de 18h, et jusqu’à minuit, au Grrrnd Zero (Lyon) ! Au programme : tables de presse et autres propagandes politiques locales, repas végé, de quoi t’hydrater et des concerts pour t’ambiancer.
Soirée à prix libre en soutien au plus rebel des sites mutu.


Saint-Étienne et alentours Le Gueuloir   MEDIAS

Le Gueuloir n°4 est sorti !

Cela fait déjà plus d’un an que nous vous écrivons à travers les lignes du Gueuloir ! Prenant vie suite à l’occupation de l’amphi E01 durant les mobilisations contre la loi Vidal, notre papelard a dorénavant bien évolué avec à son compte 4 numéros, 1 hors-série, une page Facebook et une rubrique sur le Numéro Zéro ! A la fois outil d’expression et d’information libres et indépendantes, le Gueuloir nous aura aussi permis de faire de nombreuses rencontres enrichissantes, que ce soit en manif, en interview, sur le net… Alors un grand merci à tous nos lec-teurs-trices, aboné.e.s, ami.e.s et compagnon.ne.s pour votre soutien !


Saint-Étienne et alentours Numero Zero   MEDIAS

16 ans, 2 mois et 4 jours et pas une ride : le numéro zéro vous dit bravo !

Samedi dernier votre site internet préféré fêtait un bel anniversaire. Après plus de 16 ans, le site est toujours bien dynamique et cette soirée de soutien permet de rêver encore de beaux projets pour porter toujours plus haut les paroles de luttes et de contre-culture sur Sainté et sa région !


Saint-Étienne et alentours   AIDE A LA REDACTION / MEDIAS

Topo Numéro Zéro 2019

Le Numéro Zéro existe depuis 2003. Rapide retour en archives sur son histoire et son fonctionnement.


Saint-Étienne et alentours Numero Zero   MEDIAS

Fête du Numéro Zéro

Samedi 29 juin, Numéro Zéro fête ses 16 ans, 2 mois et 4 jours à Ursa Minor !
Stands, rencontres, concerts et cotillons !
Ouverture des portes à 17h et à 18h : rencontre autour des squats, des luttes pour le logement et des sans-papiers, avec le collectif l’amphi Z de Lyon et les personnes en lutte à Saint-Étienne.


Saint-Étienne et alentours   FLICAGE - SURVEILLANCE / MEDIAS

Langue de bois, novlangue, « serenicity » : gros mensonges

Serenicity serait une super pompier qui va sauver les citoyen.nes perdu.e.s du web, Serenicity une start-up pour écouter les oiseaux avec l’aval de CNIL ? Et le Progrès serait un journal d’information ?
Sur la question des micros à Beaubrun, on nous dit n’importe quoi. Petit décryptage.


Saint-Étienne et alentours   MEDIAS / MOBILISATIONS - LUTTES

Le journal du carnaval de l’inutile est en ligne !

Le carnaval de l’inutile 2019, en plus d’avoir réussi à faire fermer pour une journée la biennale du design, déambulé dans la ville au coté des gilets jaunes, a publié son journal que vous avez peut-être déjà eu l’opportunité de voir traîner dans les plus beaux canis de la ville.
Ce journal est une proposition : une récolte d’anecdotes, de vécus, de prises de tête, de colères et de récits. C’est un constat subjectif de l’état de la ville par ses habitantes et habitants. Il nous faudrait choisir entre Saint-Étienne capitale des taudis et du Design. Franchement, on s’en fout, et bien d’autres questions demandent à être posées avant ça. Le journal est disponible ici.


Saint-Étienne et alentours   ECOLOGIE - NUCLEAIRE / MEDIAS

La forêt avance : panorama des usages forestiers

Rencontre avec la revue Nunatak, dimanche 28 avril à Mézères (43) à partir de 16h.


Saint-Étienne et alentours   MEDIAS / URBANISME - GENTRIFICATION - TRANSPORT

Sortie du Journal du carnaval 2019 : design-on l’ennemi !

Ce journal, sorti à l’occasion du carnaval de 2019, gratte pour voir ce qui se cache derrière la marque de Saint-Étienne comme capitale du design.


Saint-Étienne et alentours Couac   GENRE - FEMINISME / MEMOIRE

La rue est à nous ! ... enfin surtout à eux !

Il y a 75 ans, le 19 août 1944, Élise Gervais était retrouvée morte après avoir été torturée par la Gestapo. En hommage, une rue de Saint-Étienne porte son nom depuis fin 1944. Un fait qui mérite d’être souligné tant il demeure rare jusqu’à aujourd’hui que le nom d’un personnage féminin figure sur une plaque de rue stéphanoise.


Saint-Étienne et alentours Couac   MEMOIRE / MIGRATIONS - SANS-PAPIERS

Printemps 73, acte II de Mai 68 à Sainté

Au printemps 2018, un article de Couac revenait sur Mai 1968 à Saint-Étienne. Mais la fin de Mai-Juin 68 ne signe pas le retour au calme, elle marque au contraire le début d’une période d’effervescence tous azimuts. Entretien sur la période qui suit Mai-Juin 68 et plus particulièrement sur le printemps 73, alors que convergent les contestations, avec Gilbert, qui participe alors aux mobilisations.


Saint-Étienne et alentours   DISCRIMINATIONS - RACISME / MEMOIRE

Dix ans après les révoltes de Firminy – 3/3 : Pistes de réflexion et d’action pour aujourd’hui

Dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 juillet 2009, des « émeutes » éclatent dans le quartier de Firminy-Vert à Firminy. Elles vont durer trois nuits durant lesquelles des confrontations violentes opposent des jeunes aux forces de l’ordre, et vont toucher aussi les communes voisines de la vallée de l’Ondaine. Dix ans après, le Numéro Zéro revient à travers trois articles sur ces événements. Que s’est-il alors passé à Firminy ? (1/3) Comment ces événements ont-ils été vécus et analysés par les premiers concernés à l’époque ? (2/3) En quoi raisonnent-ils avec des épisodes plus récents dans les « quartiers populaires » ou des « mouvements sociaux » ? (3/3)


Saint-Étienne et alentours   DISCRIMINATIONS - RACISME / MEMOIRE

Dix ans après les révoltes de Firminy – 2/3 : Entretien avec un habitant

Dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 juillet 2009, des « émeutes » éclatent dans le quartier de Firminy-Vert à Firminy. Elles vont durer trois nuits durant lesquelles des confrontations violentes opposent des jeunes aux forces de l’ordre, et vont toucher aussi les communes voisines de la vallée de l’Ondaine. Dix ans après, le Numéro Zéro revient à travers trois articles sur ces événements. Que s’est-il alors passé à Firminy ? (1/3) Comment ces événements ont-ils été vécus et analysés par les premiers concernés à l’époque ? (2/3) En quoi raisonnent-ils avec des épisodes plus récents dans les « quartiers populaires » ou des « mouvements sociaux » ? (3/3)


Saint-Étienne et alentours   MEMOIRE / REPRESSION - PRISON

Dix ans après les révoltes de Firminy – 1/3 : Ce qui s’est passé à Firminy-Vert en juillet 2009

Dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 juillet 2009, des « émeutes » éclatent dans le quartier de Firminy-Vert à Firminy. Elles vont durer trois nuits durant lesquelles des confrontations violentes opposent des jeunes aux forces de l’ordre, et vont toucher aussi les communes voisines de la vallée de l’Ondaine. Dix ans après, le Numéro Zéro revient à travers trois articles sur ces événements. Que s’est-il alors passé à Firminy ? (1/3) Comment ces événements ont-ils été vécus et analysés par les premiers concernés à l’époque ? (2/3) En quoi raisonnent-ils avec des épisodes plus récents dans les « quartiers populaires » ou des « mouvements sociaux » ? (3/3)


Saint-Étienne et alentours   MEMOIRE

La fusillade du Brûlé à La Ricamarie, c’était il y a 150 ans

Ce n’est pas d’aujourd’hui que le pouvoir blesse, mutile et tue. Il y a cent cinquante ans jour pour jour, le 16 juin 1869 à La Ricamarie, la troupe tire froidement et sans sommation sur des mineurs en lutte et leurs soutiens. Bilan : quatorze morts. Retour sur cet événement marquant de l’histoire du mouvement ouvrier avec un extrait de l’ouvrage de Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1865 à nos jours.


Saint-Étienne et alentours   MEMOIRE / URBANISME - GENTRIFICATION - TRANSPORT

Récit de l’histoire des centres sociaux et des politiques culturelles

Une après-midi de février, dans un bar du quartier Tarentaize-Beaubrun, entretien fleuve avec Alawa Bakha, sur l’histoire des centres sociaux et les politiques culturelles et sociales à Saint-Étienne. En voici des extraits, parus dans le journal du Carnaval de l’Inutile de mars 2019.


Saint-Étienne et alentours   GENRE - FEMINISME / MEMOIRE

Qui sème le vent récolte la tapette

Événement annulé et reporté à l’automne !
Jeudi 13 juin à partir de 19h au 17. Entrée libre.
Présentation du livre Qui sème le vent récolte la tapette, Une histoire des Groupes de libération homosexuels en France de 1974 à 1979, de Mathias Quere aux éditions Tahin Party. En présence de l’auteur et de la maison d’édition.


Saint-Étienne et alentours Le Gueuloir   MEMOIRE

Voter c’est abdiquer

En l’approche du scrutin du 26 mai, quelques pistes de réflexion sur un choix qui reste personnel, politique, philosophique et éthique. Ce qu’il faut retenir, c’est que le plus important se joue hors des urnes.


Saint-Étienne et alentours   DISCRIMINATIONS - RACISME / LOGEMENT - SQUAT

Rencontre avec Victor Collet autour du livre « Nanterre, du bidonville à la cité » (éditions Agone)

Vendredi 17 mai 2019 à 19h à l’Amicale Laïque du Crêt de Roch (16 rue Royet).
De l’entrée des premiers militants chrétiens dans les bidonvilles jusqu’à la naissance des mouvements menés par les immigrés eux-mêmes, en passant par l’engagement des gauchistes de la faculté toute proche, ce livre est une histoire de rencontres et de luttes.


A la une...

MOBILISATIONS - LUTTES
Gilets Jaunes - Acte 50 : Appel à manifestation nationale à Saint-Étienne  

Depuis plusieurs semaines, l’appel circule sur les différentes plate-forme GJ de la Loire et d’ailleurs. Pour cet acte 50, les GJ de Saint-Étienne appellent à converger sur la ville aux sept collines pour un retour aux sources ! On reprend les bonnes habitudes : rendez-vous samedi 26 octobre à 13h au rond-point de Monthieu et à 14h place du Peuple. Tou.te.s ensemble ! On lâche rien !


MEMOIRE
Le massacre du 17 octobre 1961 à Paris : « Ici on noie les Algériens ! »  

Ce jour-là, des dizaines d’Algériens ont été noyés dans la Seine ou massacrés par la police française à Paris. C’est un devoir de justice de ne pas l’oublier.
Le 17 octobre 1961 alors que la guerre d’Algérie touche à sa fin, le FLN appelle à une manifestation pacifique dans les rues de Paris pour dénoncer le couvre-feu raciste imposé quelques jours plus tôt aux Algériens et par extension à tous les Maghrébins. Cette manifestation rassemble environ 30 000 personnes.


MIGRATIONS - SANS-PAPIERS
Rassemblement pour les personnes sans logement  

Depuis avril 2019, des personnes se battent à Saint-Étienne pour le simple droit à un logement digne. Depuis avril 2019, les pouvoirs publics à qui devrait incomber cette tâche restent - à une exception près - sans réaction, dans l’indifférence voire dans le mépris total. Depuis avril 2019, un collectif de lutte s’est créé pour tenter de faire face à cette urgence. Le collectif des habitants de la bourse appelle les Stéphanois.es à un rassemblement de solidarité, samedi 19 octobre à 14h, place du Peuple à Saint-Étienne.


ECOLOGIE - NUCLEAIRE
Détruire le capital : un combat vital  

L’heure n’est pas à une écologie de comptoir où on culpabiliserait ceux qui ne font pas le tri, l’heure est à une écologie radicale. On ne peut pas continuer dans un monde capitaliste, il faut s’attaquer aux racines du problème et arrêter de se contenter des guirlandes aux arbres. Continuer avec la surproduction, l’exploitation animale, à vivre dans la société du pétrole, c’est ne pas s’attaquer à la base du problème.


RESISTANCES ET SOLIDARITES INTERNATIONALES
Taclons Puma - 2e round  

Journée d’Action Internationale contre le sponsoring de Puma organisée par le collectif stéphanois de soutien au peuple Palestinien‎.
BDS42 reprend du service mercredi prochain. Ce 16 octobre à partir de 16h30, place du peuple, nous organisons un rassemblement pour la seconde action internationale contre Puma et dans le but de dénoncer leur sponsoring de la fédération israélienne de football.


DISCRIMINATIONS - RACISME
Appel à témoin suite à l’agression policière raciste du 28 septembre  

Appel à témoins concernant l’agression policière raciste ayant eu lieu rue Rouget de Lisle dans la nuit du 28 septembre.
Comme le racontait un texte publié il y a peu sur Numéro zéro, deux personnes noires ont été agressées par des policiers stéphanois dans la nuit du 28 au 29 septembre. Les forces de l’ordre les ont violemment frappées, humiliées, et ont eu à leur égard des propos et comportements extrêmement racistes et choquants.


RESISTANCES ET SOLIDARITES INTERNATIONALES
Déclaration de la Commune Internationaliste du Rojava  

Alors que Donald Trump a annoncé le retrait rapide des soldats présents dans la région, le président de la Turquie Erdogan en a profité pour menacer d’une opération militaire. Opération lancée hier ; quatre villes subissent des bombardements aériens de l’armée turque. Le but pour Erdogan : éradiquer les forces kurdes et leurs alliéEs en place dans la région du Rojava et éradiquer toute velléité d’émancipation des peuples. Le peuple kurde du Rojava lance un appel à la mobilisation.


ANTIFASCISME
Sur les Gilets Jaunes, l’État et le fascisme – lettre d’Antonin Bernanos  

Antonin Bernanos est un militant antifasciste autonome. Incarcéré durant près de deux ans suite à l’affaire de la voiture de police brûlée Quai de Valmy en 2016, il est de nouveau en détention – provisoire – depuis six mois suite à la plainte d’un hooligan d’extrême-droite dont le groupe a été mis en déroute lors d’une confrontation de rue avec des antifascistes. Dans cette lettre, Antonin revient sur l’infiltration des groupes d’extrême-droite durant la phase initiale du soulèvement, et sur la manière dont celle-ci s’articule étroitement avec la stratégie répressive de l’État – qu’il s’agisse de répression policière ou de propagande médiatique.


REPRESSION - PRISON
[Courrier Parloir Hélicoptère] Partage d’experiences et d’outils sur le soutien aux personnes incarcérées  

Lancement de la plateforme Courrier Parloir Hélicoptère pour référencer et partager des expériences et des outils de soutien aux personnes incarcérées.
Nous sommes un petit groupe de personnes qui avons et avons eu des proches incarcéré-es et on a rencontré des difficultés à communiquer avec elleux – ce qui nous a amenés à nous poser des questions sur les outils à mettre en place pour lutter contre l’isolement des personnes incarcérées.


GENRE - FEMINISME
[CNT Femmes Libres Sainté] Présentation et Brochure d’octobre 2019  

« CNT Femmes Libres » est un outil non-mixte de lutte contre les violences patriarcales sur les lieux de travail, dans les pratiques syndicales, dans l’espace privé ou public.


REPRESSION - PRISON
IanB, membre de Désarmons-les ! revient sur son arrestation à Montpellier le 28 septembre 2019  

Samedi 28 septembre, aux alentours de 16h, lors de l’acte 46 des gilets jaunes, IanB, membre du collectif Désarmons-les !, s’est fait violemment interpeller. On nous relate plusieurs faits de violences au même endroit : des coups de matraque qui visaient une observatrice LDH et des personnes qui, dans le passé, ont déjà été mutilées ou blessées par la Police. On nous relate un contexte très violent, anxiogène et paniquant. Dans cette lettre IanB revient sur son interpellation et sur le sentiment d’injustice et de colère qui l’a envahi à sa sortie de garde à vue et sur cette brutalité d’État qui se banalise.


DISCRIMINATIONS - RACISME
Agression raciste de la part de la police stéphanoise  

Un habitant de la ville a envoyé son témoignage dans lequel il dénonce une agression raciste de la part de la police stéphanoise. Ces faits se sont produits ce week-end et il est primordial de les faire connaître. En effet, ce genre d’agressions de la part des forces de l’ordre n’est pas rare et il faut les dénoncer par tous les moyens !