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Grave répression à Barcelone ce week-end

Publié mardi 7 février 2006
 

Évènements graves dans la rue San Pere Més Baix, ce week-end à Barcelone.

Les faits se sont déroulés le samedi 4 février 2006, vers 6h30 du matin, devant le théatre occupé de la rue San Pere Més Baix, dans le quartier de Santa Catarina.

Le théatre occupé de l’Anarkopena cultural organisait une nième fête. Les voisins s’étant plaint, la police a toute la soirée trainée dans les alentours. A noter que ce squat n’a quasiment aucun lien avec "le mouvement" des squats politisés de Barcelone, il était notamment réputé pour être un lieu de commerce et pour entretenir des relations ambigües avec la police (beaucoup allant même jusqu’à dire qu’il y avait un ou des infiltrés à l’intérieur). Depuis plusieurs mois, tous les week-ends s’y déroulaient d’énormes raves, alors même que le moindre nouveau squat dans ciutat vella (le centre de Barcelone) était durement réprimé…

La guardia urbana (police municipale), qui était présente dans le quartier depuis environ 22 heures, s’est mise à 5 heures du matin à agresser des personnes qui étaient dans la rue. Après avoir frappé brutalement plusieurs personnes et tiré à trois reprises avec des balles réelles. Ils arrêtèrent finalement arbitrairement 9 personnes.

Selon la première version du maire Joan Clos et des médias officiels, un policier fut blessé par un pot de fleur lancé depuis un balcon du théâtre. Ils soutiennent à présent une nouvelle version des faits. Dans cette version, modifiée 14 heures plus tard, il ne s’agirait pas d’un pot de fleur mais d’une pierre lancée depuis la rue par plusieurs personnes.

Selon des témoins occulaires, un des détenus fut menotté aux pieds et aux mains et tabassé au milieu de la rue par huit policiers (agents de la guardia urbana et des mossos d’esquadra). Jusqu’à 19h30 le même jour, ce jeune homme était porté disparu et la police n’a donné aucune nouvelle sur son lieu de détention ou son état de santé.

Ce samedi après-midi, les mossos d’esquadra (police catalane) se sont emparés du quartier Santa Catarina, y créant un véritable état policier. Commença alors une véritable chasse aux sorcières dans des centres sociaux (squats ouverts) du quartier (n’ayant pourtant rien à voir avec le théâtre), la police arrêtant arbitrairement des personnes au look supposé "squat".

D’autre part, ni le groupe de soutien, ni l’avocat, ni les familles n’ont reçu de nouvelles des détenuEs avant samedi 22 heures. À l’heure actuelle, il reste encore une jeune fille disparue ; ses parents ont porté plainte.

Les informations que nous avons sur la situation de trois personnes détenues sont extrêmement graves. Une d’elles a de graves contusions à la tête, une autre un oeil au beurre noir et un bras bandé. La personne se trouvant dans les pires conditions fut frappée brutalement par de nombreux policiers et traînée au point d’avoir une rasta arrachée. Elle a également un bras dans le plâtre et un autre bandé. Les violences furent si graves qu’ils furent hospitalisés mais, même après leur passage à l’hôpital, les violences continuèrent impunément, couvertes par le silence entourant ce qu’ils ont subi.

Gardons à l’esprit que, très probablement, certaines de ces personnes seront emprisonnées et que la situation peut encore s’aggraver.

Traduction du texte
du collectif de soutien du 5 février au soir

Le samedi 4 février au matin la police a arrêté de manière violente et arbitraire 9 personnes dans la rue San Pere Més Baix, dans la Ciutat Vella. Mais les manières de faire illégales de la police et des instances judiciaires rendent de toutes façons impossible de confirmer le nombre réel de personnes arrêtées, leur identité ou leur état de santé.

Ces personnes ont été frappées et violemment maltraitées aussi bien au moment de leur arrestation que durant leur détention dans les locaux de la police ou leurs transferts. Les personnes détenues sont victimes d’une tentative de manipulation de la part de la police qui porte de très graves accusations envers elles, accusation que ces personnes rejettent en bloc.

Tout cela n’est pas le fruit du hasard. L’escalade de violence qu’instiguent les différents corps de police depuis longtemps, et plus concrètement depuis l’entrée en vigueur de la loi sur le civisme, de la tolérance zéro et la mise en place définitive des mossos d’esquadra s’acharne de manière très claire sur certains collectifs et certaines zones comme les quartiers du Raval, de la Ciutat Vella, Santa Catarina, Sants, Berga, Arenys, etc ; zones dans lesquelles les intérêts spéculatifs de la Mairie se heurtent aux réalités sociales des gens vivant sur place. Et sa réponse au conflit généré par le manque d’alternatives sociales est la répression sauvage à travers des agissements disproportionnés comme ceux de ce samedi. Ils cherchent à rendre quelqu’un coupable de la réalité de conflit qu’ils ont eux-mêmes instaurée.

Nous exigeons la libération sans charge des personnes détenues et la fin des mauvais traitements et tortures infligées en tout impunité par les corps de police.

Liberté pour les détenuEs du 4 février !

On peut avoir des informations sur Indymedia-Barcelone


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