C’est sous une belle journée que commence la gay pride de Tours, le rendez-vous avait lieu au château de Tours cette année. Le cortège s’élance dans les rues dans une folle ambiance, on ne peut pas le louper, les camions envoient du son et les watts font vibrer les vitrines des magasins, il y de la bonne humeur et des couleurs à perte de vue, selon la NR il y aurait plus de 1500 participants, mieux que l’année dernière où l’on a compté environ 1400 personnes.
Mais, cette année encore, tous les gens présents ne sont pas animés des intentions les plus nobles. En effet comme en 2010, une contre manif’ a été organisée par un groupuscule de néo-fascistes identitaires, vox populi turone pour ceux qui ont oublié leur latin ça veut dire la voix du peuple de Touraine...rien que ça et c’est vrai qu’à 30 individus haineux ils représentent la vox populi !
Le service d’ordre prévu par l’organisation de la gay pride ainsi que les forces de l’ordre ont empêché les éventuels conflits en installant un cordon de sécurité.
Malgré ce dispositif il y a une altercation devant le cosmic café (place des halles) et la police intervient avec violence et sans motifs réels et interpelle 6 individus, tous antifascistes ou simple manifestants de la gay pride. La journée se poursuit, de retour au village installé au château, la fête continue comme si de rien n’était, Grisbi, Rubin Steiner aux platines mettent l’ambiance.
Seulement les faf’ (entendre par là les fachos) tournent près du château et agresseront au moins deux personnes qui quittaient l’endroit pour seul motif d’être gay ou d’avoir participé à la gay pride. Une autre agression aura lieu près de place plummereau, mais cette fois la personne est sauvagement mutilée, un œil crevé, les pommettes enfoncées, la mâchoire fracturée et les tendons d’Achille coupés (source venue de l’hôpital). C’est de l’acharnement, de la torture pure et simple, gratuite...
Donc au final un bilan plutôt mitigé de la gay pride, on attend avec hâte le communiqué de la LGP Région centre sur leur bilan de la manifestation et ses incidents.
Messages
1. La Gay pride 2011 de Tours pas si Gaie au final..., 31 mai 2011, 10:17, par vla
21 mai 2011, Tours :
Samedi 21 Mai avait lieu la Gay Pride. Ce même jour un groupuscule
d’extrême-droite appelait à manifester contre la Gay Pride. Sous prétexte
que la sexualité relèverait de la vie privée, elle n’aurait pas à
s’exhiber dans la rue, et surtout pas celle des homosexuels. Ce discours «
soft » ne masque que leur homophobie, en témoignent les slogans scandés au
passage du cortège de la Gay Pride.
La préfecture avait d’ailleurs menacé de faire annuler la Gay Pride au
motif du risque de troubles à l’ordre public lors de la rencontre avec les
fafs, la mairie PS n’a pas bougé alors qu’elle aurait pu faire interdire
le rassemblement des fafs pour les mêmes raisons. Finalement, les
organisateurs de la Gay Pride ont dû trouver 80 bénévoles pour encadrer le
cortège et signer un papier comme quoi ils seraient responsables en cas de
troubles à l’ordre public. Les autorités n’ont tout simplement pas voulu
interdire le rassemblement haineux et provocateur des fafs pour éviter
les-dits « troubles à l’ordre public ».
Parce que l’homophobie et le sexisme sont des plaies bien trop présentes
dans notre société. À l’appel du collectif antiraciste 37, des
militant.e.s se sont réuni.e.s pour participer à la Gay Pride derrière une
banderole qui dénonce ces plaies. L’objectif était de montrer la bêtise et
l’absurdité de tous les discours réactionnaires sur la sexualité, et
défendre la liberté dans les choix et les pratiques pour chacun.e en
matière de sexualité.
La rencontre avec les fafs (environ une trentaine) bien protégés par la
police, s’est passée sans incident autre que quelques disputes avec le
service d’ordre de la Gay Pride qui était un peu trop pressé de faire
avancer le cortège. Des « incidents » sont survenus plus tard, place des
Halles au niveau du Cosmic café (bar qui sert de repaire aux militants
d’extrême-droite). Un camarade exaspéré par les photos d’un journaliste
est allé lui faire remarquer qu’il ne désirait pas apparaître dessus, et a
commencé à lui expliquer pourquoi. Le ton est monté, la situation s’est
tendue en raison des quelques fachos amassés devant leur bouge. La police
et des agents de la BAC (sans brassards) ont utilisé l’altercation comme
prétexte pour charger. S’en est suivie une mêlée assez confuse, trois
camarades se sont fait embarquer (deux sont poursuivis pour dissimulation
du visage, le troisième pour outrage/rébellion). Les keufs en ont profité
pour se défouler, de nombreuses personnes ont été mises à terre et/ou ont
pris des coups, entre autres une camarade qui après une pluie de coups de
matraque s’est vu prescrire 8 jours d’arrêt de travail. La version
présentée dans la Nouvelle Répugnante (le torchon local), laisse à croire
que nos camarades seraient la cause de cet incident. La vérité est que
c’est la police qui a chargé brutalement tout le monde au prétexte de «
l’altercation » entre le camarade et le journaliste, altercation qui ne se
serait certainement pas soldée par des coups ou de quelconques troubles à
l’ordre public autres que quelques cris si la police n’était pas
intervenue. Lorsque la Gay Pride est revenue au château de Tours, les
militants d’extrême-droite sont allés encercler le château où avait lieu
une fête, pour provoquer les gens, obligeant la sécurité à filtrer les
accès au château.
Les identitaires de Vox populi, veulent faire croire qu’en tant que
catholiques ils ne sont qu’amour, paix et foi. Mais la manif anti-Gay
Pride, le harcèlement de la Gay Pride au château de Tours, les propos
haineux tenus au passage de la Gay Pride prouvent le contraire. La
préfecture et la mairie PS, certainement au courant des agressions
perpétrées par les nervis d’extrême-droite ces derniers mois à Tours ;
n’ont pas interdit le rassemblement d’extrême-droite. Et ont préféré les
laisser déverser leurs propos haineux sur la place publique au nom de la «
liberté d’expression ».
Désinformation officielle :
Les articles de la Nouvelle Répugnante, laissent à croire que l’incident
avec la police serait dû aux tensions entre militants d’extrême droite et
d’extrême gauche, qui était venus pour en découdre. Que la police n’aurait
fait que s’interposer, que l’on aurait affaire à deux bandes d’extrémistes
incontrôlables aux idées nauséabondes.
Cette stratégie n’est pas une surprise et elle s’insère dans une dynamique
nationale. Déjà à Lyon une semaine avant, après les incidents qui avaient
eu lieu suite à une manif d’identitaires et de néonazes (agressions
racistes, agressions de militants). Ces événements avaient été réduits à
une guéguerre entre extrémistes fascistes et antifascistes. Les agressions
racistes étant traitées de manière superficielle dans la majorité de la
presse officielle. Toutes les violences ont été placées sur le même plan,
sans aucune distinction entre les agressions des fascistes et les
militants qui se sont défendus lorsque les fafs ont essayé de les
agresser.
Le pouvoir en place cherche vraisemblablement à exacerber les rivalités
entre la gauche radicale, les libertaires, et l’extrême-droite. Cela pour
affaiblir les deux camps et pouvoir réprimer tout ceux qui feront des faux
pas d’un côté comme de l’autre. Cela intervient dans un climat social
potentiellement tendu, une période de crise qui voit se propager les
mouvements sociaux en Europe (dernièrement en Espagne) et autour de la
Méditerranée. Ces mouvements sont liés à la dégradation des conditions
d’existence imposée par la restructuration du capitalisme néolibéral. En
fRance un mouvement important (malheureusement trop bien canalisé par les
syndicats) contre la reforme du système de retraites à eu lieu à l’automne
dernier. L’approche des élections de 2012 offre un peu de répit dans le
train des reformes, mais n’influera pas sur son exécution. Dans ce
contexte pré-électoral où l’extrême-gauche et les libertaires se
présentent comme une alternative valable quand la gauche comme la droite
ont échoué à améliorer le quotidien des gens. La critique radicale de
l’État et du capitalisme apparaît comme dangereuse, le gouvernement ne
veut pas risquer de la voir s’implanter durablement dans les esprits. Le
déclenchement d’un mouvement social d’ici à la Présidentielle pourrait
faire perdre le pouvoir à la droite (la gauche ne vaut au final pas
mieux). Pour éviter cela, le pouvoir, par le biais de la presse
officielle, tente de renvoyer d’une part l’extrême-gauche et les
libertaires, et d’autre part l’extrême-droite dos à dos ; comme deux pôles
inverses qui s’annuleraient. Le parti au pouvoir qui pourtant fait son
beurre sur des thèmes chers à l’extrême-droite, comme l’immigration ou
l’insécurité espère même passer pour un parti de modérés et conserver le
pouvoir en 2012. Même si quelques « dommages collatéraux » doivent être
blessés ou tués lors d’agressions fascistes. Mais cela représente pour nos
chers dirigeants un petit prix à payer pour conserver leur royaume.
Il est nécessaire de prendre acte de cette instrumentalisation de
l’extrême-droite par le pouvoir, et de ne pas rentrer dans une guéguerre
stérile. Nos ennemis ne sont pas des groupuscules marginaux de crânes
rasés mais bien l’État, le capitalisme et tous ceux qui nous empêchent de
vivre en nous enfermant dans la survie. L’antifascisme en tant que projet
politique est absolument stérile, et n’est porteur d’aucune de nos
aspirations. Il enferme dans des conflits vains et fait le jeu des pires
alliances, il conduit à la reproduction des structures de dominations et
de spécialisations que nous combattons. Nous préférons nous concentrer sur
nos vrais ennemis, et tenter de nous émanciper plutôt que de nous enfermer
dans une guéguerre avec des groupuscules minoritaires.
Il est néanmoins nécessaire de mettre en pratique des stratégies
d’autodéfense face, aux possibles attaques des nervis d’extrême-droite ;
et de tisser des liens entre nous pour que personne ne se sente isolé et
ne cède à la pression et de l’extrême-droite et de la police.
Quelques éclaircissements :
Pour finir, quelques mises au point, rapport aux mensonges colportés par
la presse officielle.
Nous défendons le droit de chacun à disposer de son corps, et à construire
ou déconstruire son genre comme il l’entend. On ne répétera jamais assez
que les pratiques dites « LGBT », font partie intégrante de la sexualité
au même titre que les pratiques dites « hétérosexuelles » et ne sont ni
plus ni moins naturelles les unes que les autres. Et que le sexisme et
l’homophobie ne sont que l’héritage de près de 2000 ans de religions
réactionnaires et phallocentrées.
Nous nous sommes vus traiter d’extrémistes en vue de nous discréditer. La
seule chose qui peut paraître extrême aux bourgeois c’est notre
radicalité. Par cela nous entendons notre capacité à identifier et
attaquer les causes de nos maux à la racine : entre autres l’État, le
capitalisme, et toutes les structures de dominations. Nous entendons vivre
comme nous le désirons, seul.e.s ou ensemble. Pour cela nous refusons tout
compromis avec ceux qui voudraient nous représenter en détournant le
pouvoir qui réside en chacun de nous à leur seul profit. Pas de compromis
non plus avec ceux pour qui tout a un prix et qui entendent bien nous
faire trimer pour se remplir les poches, pendant ce que l’on ne peut
décemment appeler vie lorsque l’on est soumis au travail salarié.
Nous sommes rassemblés sur une base au minimum anti-autoritataire, nous
refusons la domination entre les personnes sous toutes ses formes. Le
racisme, l’homophobie, le sexisme, et la reproduction de toute forme de
structure de domination, passent par chacun.e de nous. C’est à chacun.e
d’essayer de s’en affranchir soi-même et de lutter contre au quotidien. Il
ne tient qu’à chacun.e d’essayer de construire des situations où chacun.e
sera maître de lui/elle-même et où l’aliénation disparaîtra.
Nos idées sont dans toutes les têtes, c’est à chacun.e de les trouver et
de les mettre en œuvre pour libérer les territoires de sa vie quotidienne.
La volonté de chaque individu contient plus de puissance qu’une bombe H.
Ensemble nous ferons trembler leur monde, puis nous danserons sur ses
ruines encore fumantes.
Des Anarchistes – 29 mai 2011.