Saint-Étienne et alentours   EXPRESSION - CONTRE-CULTURE / URBANISME - GENTRIFICATION - TRANSPORT

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Comme six jours sur sept, à 5h du mat’, Nadia attend mornement le bio-bus qui la conduira à Châteaucreux. Le fond de l’air est froid et le soleil feignant refuse d’illuminer les barres d’immeuble décrépies de Beaulieu. La semaine dernière un bout du balcon d’une voisine s’est écroulé. Encore. Malgré les promesses successives de rénovation, la municipalité préfère serrer des mains, faire des discours grandiloquents et s’occuper du centre-ville plutôt que des gens invisibles perchés sur leur colline. De toute façon, ces gens là, ils ne votent pas.


Nadia est agente d’entretien et travaille dans les grands immeubles contemporains nouvellement végétalisés qui font face à la gare principale. Leur devanture affiche fièrement le label « éco-responsable » de la mairie « Saint-E Green pour tous ». Bien qu’à moitié remplis, les bureaux qu’abritent les immeubles nécessitent d’être passés au peigne fin pour les employés à col blanc. Cela fait quinze ans qu’elle nettoie, balaye, aspire et astique à des tarifs toujours plus bas. Le développement de la robotique-propreté a fait du mal à elle et ses collègues de boulot. Fini les grèves et les « charges patronales », le robot se tait et exécute. Pratique. Nadia monte dans le bio-bus et s’assoit sur un siège, vert.

Cinq ans auparavant, Jess, la compagne de Nadia, a perdu son travail de chauffeuse de tramways. Ces derniers sont devenus « sécurisés et innovants » ; en somme sans conductrices. La multinationale qui exploite la GreenSTAS a donc décidé de licencier les employées, devenues dorénavant obsolètes. Aujourd’hui, Jess travaille dans le quartier de la cité du Design, et sert des sandwichs bio et locaux à 10 balles pour des auto-proclamés innovateurs et designeurs de la ville de demain. Grâce à eux « une transition efficace et rapide vers la ville verte numérique sera possible ! » lit Nadia sur les hologrammes publicitaires 3D, qui lui agressent la rétine et le cerveau de bon matin.

Dans le bus, en contrebas des escaliers menant à Jean Jau, la femme observe les immeubles et les terrasses d’agriculture urbaine du quartier du Crêt de Roc. Ici, il n’y a pas de tags délavés mais uniquement un paysage urbain colorié de vert et de blanc, peuplé de familles sages à lunettes allant à l’épicerie locale ou aux potagers partagés. Certes, à 5h30 du matin il n’y a pas un chat dans les rues, mises à part les recycleuses, qui comme elle, nettoient pour les autres en se niquant la santé. Mais quand Nadia repasse en bus aux alentours de 10h du matin pour rentrer chez elle, elle voit les habitantes du quartier s’activer. Ici, tout a l’air plus beau, plus sûr, l’air sent même bon. Ici, pas de vieille bagnole diesel semi-illégale pour vous cracher à la gueule mais uniquement des trottinettes électriques silencieuses, des panneaux photovoltaïques et des mini éoliennes subventionnées pour alimenter les éco-immeubles en énergie renouvelable. À Beaulieu, on se chauffe encore au gaz quand on en a les moyens voire, en cachette, au charbon pour les fins de mois.

Face au contraste entre Beaulieu et le Crêt de Roc, Nadia se souvient de son adolescence à Tarentaize. Certes les trottoirs étaient sales, les habitants s’interpellaient en gueulant, les souris et les cafards côtoyaient parfois les humains dans les appartements, mais au moins il y avait un lien entre les gens. Aujourd’hui c’est autre chose... Dès 2024, la métropole verte stéphanoise avait décidé de démolir une partie du quartier pour « lutter contre l’insalubrité » et au nom de la mixité sociale. En vérité l’objectif était de reconstruire des logements « qualitatifs » en nombre limité pour attirer une nouvelle population plus riche, plus diplômée et surtout plus blanche dans le quartier. Le vétuste immeuble de Nadia avait alors été détruit sans prendre en compte l’avis des habitantes, et les familles avaient été dispatchées dans d’autres quartiers, loin du centre-ville.

« Cassez-vous les pauvres et les arabes, et laissez la place à la ville éco-bobo-responsable ! » aurait pu être le mot d’ordre de la mairie ironise, seule, Nadia. Face à cela, les habitantes, les associations de quartier aidées par d’autres collectifs avaient tenté d’organiser une résistance contre l’arrivée progressive de ces nouveaux « pionniers urbains ». En vain. La mairie et les promoteurs immobiliers étaient bien mieux armés juridiquement, monétairement et médiatiquement. Les habitantes mobilisées furent bientôt accusées de communautarisme, d’intolérance et même de racisme anti-blanc sur internet et dans les médias. Cependant, régulièrement dans le Nouveau Progrès, les Stéphanoises apprennent que des « voyous » s’amusent à jouer au chat et à la souris avec la police et leurs micros cachés. Pour enrayer le déplacement forcé des classes populaires, ces dits « voyous » cassent les vitrines des cafés-brunch, des bars à jus de fruit détox et autres commerces pour bobos branchés. Les éco-immeubles sont régulièrement tagués de messages tels que « colons verts », « pas de bourgeois dans nos quartiers », ou « nique ta mère » pour les plus simples. Détruire son propre quartier deviendrait la seule solution pour éviter d’être reléguée en périphérie...

Le bio-bus s’arrête et sort Nadia de ses réflexions. Elle descend et se dirige tête baissée, les mains enfoncées dans son manteau, vers l’immense immeuble rouge en face de la gare où elle travaille. Muée par un sentiment étrange, elle relève le menton en face de l’entrée. La façade écarlate est habilement recouverte d’un message de plusieurs mètres à la peinture noire : « Ma pauvreté ne peut pas se greenwasher ». La femme esquisse un sourire et rentre dans l’immeuble.


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grzzziiigrzzzzzlarsennnnnn


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Sortie du Journal du carnaval 2019 : design-on l’ennemi !

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Récit d’une tentative d’ouverture quelque part à Saint-Étienne, empêchée par l’action coordonnée de la police et de ses collaborat.eur.rice.s en pyjama.


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Saint-Étienne et alentours   LOGEMENT - SQUAT / URBANISME - GENTRIFICATION - TRANSPORT

Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Saint-Étienne, Monsieur le Préfet de la Loire et au-delà

Nous étions, ce mercredi soir, quelques dizaines de citoyens soutenant la cause des migrants et personnes sans domicile fixe à vouloir interpeller, lors de l’inauguration de la Biennale du design, nos responsables politiques et administratifs, sur les menaces d’expulsions pesant sur quelques squats de notre ville, ainsi que sur notre inquiétude de voir mises à la rue de nombreuses personnes et familles à la fin de la trêve hivernale.


Saint-Étienne et alentours   URBANISME - GENTRIFICATION - TRANSPORT

Design partout, Justice nulle part

A vous visiteuses et visiteurs de la Biennale de l’ennui,
Nous ne sommes pas dupes, ne le soyez pas lors de votre passage touristique à Sainté. La biennale du design vend une ville qui n’existe pas et qui n’est pas la nôtre. Elle n’inonde en rien la vraie vie et n’est qu’une vitrine. Ce n’est pas avec un événement international que les stéphanois-e-s auront une plus belle vi(ll)e.


Saint-Étienne et alentours   MOBILISATIONS - LUTTES / URBANISME - GENTRIFICATION - TRANSPORT

Carnaval de l’inutile

Il fut un temps, où le carnaval était le jour où les esclaves se déguisaient en roi pour se moquer des puissant.e.s. Une occasion d’inverser les rôles, de transgresser les normes établies. Pour un jour, le monde marche à l’envers ! Aujourd’hui, à Saint-Étienne, ce sont les puissant.e.s qui l’organisent – celleux-là mêmes qui relookent la ville en Capitale du design. Celleux-là mêmes qui font mourir des quartiers habités pour en construire de nouveaux aseptisés. Nous proposons plutôt un giga carnaval coloré, bruyant et indomptable !
Les 30 et 31 mars 2019, ce sera un week-end coloré, bruyant et indomptable !


A la une...

MOBILISATIONS - LUTTES
Perturbons (aussi) les voeux de la République en marche  

Ce vendredi 24 janvier à 18h30 à Saint Just Saint Rambert, En Marche fait ses vœux. Les 4 parlementaires ainsi que David Cofer, le référent de la Loire, seront présents. À Bordeaux, Toulouse et même au fin fond de la Sarthe, la République en marche ne peut plus se pavaner sans se faire conspuer. À Paris, Macron en personne est obligé de se faire exfiltrer d’un théâtre en catimini avec sa garde prétorienne... Et dans la Loire ??


MOBILISATIONS - LUTTES
Marre de se faire rouler dans la farine ! Cortège vénèr et pâtissier vendredi 24 janvier !  

Ce mouvement contre les retraites ne semble pas vouloir s’arrêter, augmentons le rapport de force et prenons vendredi la tête de la manif avec un cortège vénèr et pâtissier : ramène ta farine !


DROITS SOCIAUX - SANTE
Perturbons l’inauguration du local de campagne En Marche Saint-Étienne  

Ce jeudi 23 janvier à 18h30 aura lieu au 29 avenue de la Libération l’inauguration du local de campagne En Marche Saint-Étienne, ceci est un appel à perturber joyeusement ces festivités. 47 jours que la grève continue, et depuis le 1er janvier de nombreuses cérémonies de voeux et autres mondanités ont été perturbées par des manifestant.e.s un peu partout en France. À notre tour de faire savoir à En Marche Saint-Étienne que l’ouverture de ses locaux n’est qu’une provocation de plus.


EDUCATION - PARTAGE DES SAVOIRS
Épreuves de contrôle continu : ça bouge au lycée Honoré d’Urfé  

Lundi matin les premières épreuves de contrôle continu (E3C) devaient avoir lieu pour les lycéen.ne.s en classe de première. Les professeur.e.s ont décidé de les boycotter comme à Honoré d’Urfé. Entretien avec Estelle Tomasini du syndicat majoritaire SNES FSU.


MOBILISATIONS - LUTTES
Contre la réforme des retraites : agenda des actions et suivi de la semaine du 20 au 26 janvier  

Actions, manifestation et rassemblement, retraite au flambeau et pique-nique... La mobilisation continue !


TRAVAIL - PRÉCARITÉ
Programme des 6es Rencontres d’histoire ouvrière de Saint-Étienne : « Cent ans de communisme en France et dans la Loire »  

Dans le cadre du centenaire du Congrès de Tours, 6es Rencontres d’histoire ouvrière de Saint-Étienne organisée par le GREMMOS les 23 et 24 janvier 2020 aux archives départementales de la Loire.


MOBILISATIONS - LUTTES
La jeunesse stéphanoise violemment réprimée  

Cela fait quelques jours, qu’à St-Étienne, les forces de l’ordre répriment dans la violence toute tentative de grève des jeunes lycéens. Le préfet aurait-il peur des jeunes, pour les empêcher, à n’importe quel prix, de rejoindre le mouvement ?


FLICAGE - SURVEILLANCE
Le procès des anarchistes de janvier 1883 : suivi des principaux évènements et focus sur Saint-Étienne et sa région (2)  

En janvier 1883, soixante-six anarchistes sont jugés à Lyon dans un grand procès médiatique qui vise à diviser le mouvement ouvrier alors très dynamique. Parmi les inculpés, quatre Stéphanois sont jugés pour avoir diffusé des idées visant à « provoquer à la suspension du travail, à l’abolition du droit de propriété, de la famille, de la patrie, de la religion, et d’avoir ainsi commis un attentat contre la paix publique. » Deuxième partie d’un texte en trois épisodes : Enquête et arrestations, automne 1882.


REPRESSION - PRISON
Les stades de foot, laboratoire où s’expérimentent les techniques de répression  

Il y a quelques jours, la commission de discipline de la Ligue de football professionnel a rendu son verdict : deux matchs à huis clos (dont un avec sursis) pour les quelques centaines de fumis et le feu d’artifice en tribune lors du match contre le PSG. Pour lutter contre les « Ultras », l’État s’est doté depuis plusieurs années d’outils de répression fort sophistiqués. À Saint-Étienne, quelques irréductibles résistent encore et toujours au progrès et à la modernité, au nom de concepts éculés comme la liberté et les valeurs populaires du football. Discussion avec l’un des membres des Green Angels, un des principaux groupes de supporters stéphanois.


ANTIFASCISME
A Saint-Étienne, l’extrême-droite compte s’installer ‘pépouze’ en face de la Bourse du Travail !  

Sophie Robert, la bourgeoise cheffe départementale du Rassemblement national, accompagnée d’une dizaine de militants environ, a été surprise ces derniers jours dans un local du quartier Albert Thomas en train de passer la serpillière.


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Le procès des anarchistes de janvier 1883 : suivi des principaux évènements et focus sur Saint-Étienne et sa région (1)  

En janvier 1883, soixante-six anarchistes sont jugés à Lyon dans un grand procès médiatique qui vise à diviser le mouvement ouvrier alors très dynamique. Parmi les inculpés quatre stéphanois sont jugés pour avoir diffuser des idées visant à « provoquer à la suspension du travail, à l’abolition du droit de propriété, de la famille, de la patrie, de la religion, et d’avoir ainsi commis un attentat contre la paix publique. » Première partie d’un texte en trois épisodes : 1.Grèves, révoltes ouvrières, effervescences libertaires et répression autour de Lyon et Saint-Étienne en 1882.


MOBILISATIONS - LUTTES
Blocus au lycée Honoré d’Urfé : charges, gazage et une arrestation  

Depuis le 5 décembre, une série de blocages est initiée par les lycéen·ne·s stéphanois·e·s dans leurs établissements. Après deux journées entières de blocage au lycée Fauriel, la direction menace les élèves de passer en conseil de discipline s’iels s’avisent de recommencer. Jeudi 9 décembre au lycée Honoré d’Urfé, c’est cette fois la Police qui s’est chargée de lever le blocus à coup de bombes lacrymos.


MOBILISATIONS - LUTTES
Retour sur la journée du vendredi 10 janvier contre la réforme des retraites  

Au programme : action péage gratuit et rassemblement devant le Medef !
Aujourd’hui, c’est le 36e jour consécutif de mobilisation pour les cheminot·e·s qui sont rejoint·e·s sur leur piquet de grève à 6h du matin à la gare de Chateaucreux par des militant·e·s syndicalistes, des profs, des étudiant·e·s, des GJ et des autonomes. Au total, plus de 60 personnes prennent la route pour le péage de Veauchette. Les caméras sont détournées, les barrières relevées et les premiers sourires s’esquissent.


INFORMATIQUE - SECURITE
Bad citizen : une nouvelle appli anti-répression  

Une nouvelle application d’informations juridiques pour apprendre à se défendre face aux institutions policières et judiciaires. L’application Bad Citizen vient d’être créée et mise à disposition pour smartphones. C’est un guide qui résume l’essentiel de ce qu’on doit savoir quand on se retrouve aux mains de la police et de la justice ou quand il faut aider un-e proche.


FLICAGE - SURVEILLANCE
Le député Jean-Michel Mis en marche pour promouvoir la reconnaissance faciale  

Après une première date à la Commission numérique de l’Assemblée nationale au mois de décembre, le député LREM Loire-Saint-Étienne, Jean-Michel Mis, organise un colloque sur la reconnaissance faciale le samedi 18 janvier 2020, à l’Amicale laïque de Chapelon.


FLICAGE - SURVEILLANCE
Google et Sainté City  

Il y a tout juste six mois, Google inaugurait son atelier numérique à Saint-Étienne. Google a déjà les moyens d’en connaître beaucoup sur nous. Alors, pourquoi ce moloch veut-il s’implanter physiquement dans nos villes, particulièrement à Saint-Étienne ? Une enquête de Couac initialement parue au printemps 2019.


FLICAGE - SURVEILLANCE
Débats sur la société de surveillance de masse  

Deux débats pour comprendre les enjeux de la mise en place de la société de surveillance de masse organisés par Halte au contrôle numérique, La Ligue des Droits de l’Homme Loire, Stop Linky 5G Loire et la Quadrature du Net - Le mercredi 8 janvier et le vendredi 7 février à Saint-Étienne.


CAPITALISME - GLOBALISATION
Culture, numérique et disruption sécuritaire à Saint-Étienne  

À travers un portrait d’Éric Petrotto, qui à la fois gère la Fabuleuse Cantine (un des lieux de restauration les plus « tendances » de la ville) et investit dans Serenicity (la société qui portait le projet d’installation de micros dans le quartier de Beaubrun-Tarentaize), Couac vous propose une enquête dans l’économie locale du numérique et son nouvel esprit du capitalisme.


FLICAGE - SURVEILLANCE
Cartographier la surveillance  

À Saint-Étienne, difficile de circuler dans le centre ville sans être observé par Big Brother. Et en période de mouvement social, il n’est pas inutile de savoir où se situent ces yeux qui nous épient. Le site internet « Saint-Étienne sous surveillance » recense les caméras de vidéosurveillance disséminées dans la ville (estimées à 329). Entretien paru dans le Couac n°7 avec A., l’une des personnes qui en a été à l’origine, sur le contexte de sa mise en place et sa pertinence aujourd’hui.


MOBILISATIONS - LUTTES
10 jours de grève à Saint-Étienne  

Cela fait déjà 10 jours que la grève générale a débuté. 10 jours où travailleur.e.s, gilets jaunes, syndicalistes, étudiant.e.s, lycéen.ne.s jeunes et bien d’autres se retrouvent chaque jour dans la rue, sur des actions, dans des rassemblements, des AG etc… Mais qu’en est-il de la mobilisation à Saint-Étienne ?
Nous vous proposons ici un récapitulatif de plusieurs actions menées et des 5 grandes dates de rassemblement (5 décembre, Acte 56 des GJ, 10 décembre, 12 décembre et Acte 57 des GJ + Mobilisation des Algériens toute la semaine.)