Saint-Étienne et alentours Couac   EDUCATION - PARTAGE DES SAVOIRS

Les livres sont-ils assez design pour Sainté ?




Alors que la Fête du livre ouvre ses portes ce jeudi 11 avril 2018, nous proposons la lecture d’un article du Couac paru à l’issue de l’édition précédente. Les échos qui nous parviennent de l’événement à venir laissent à penser que certaines des interrogations soulevées – sur une organisation un peu hasardeuse, une sélection peu ouverte (cf. Fête des éditions A.E.C), le degré de précarité des participant.e.s – demeurent actuelles. Toute actualisation par la proposition d’un nouvel article ou l’ajout de commentaires est donc bienvenue !


Saviez-vous que la Fête du livre de Saint-Étienne est la plus ancienne manifestation de ce genre en France ? L’événement est certes un rendez-vous important d’octobre, on ne peut pas dire pour autant que les prix Goncourt et autres Renaudot s’y bousculent. Son rayonnement et sa réputation dans la profession (auprès des gratte-papiers, bédéistes, éditeurices et associé.e.s) n’égalent pas celle d’un festival d’Angoulême ou d’une fête du livre à Brive. Saint-Étienne serait-elle trop loin de Paris et de son ébullition littéraire ? Le TGV arrive pourtant bien jusqu’à Châteaucreux et relie les deux villes en trois heures et des brouettes, c’est pas le bout du monde ! D’où vient alors le manque d’envergure de l’édition stéphanoise de la Fête du livre ?

À Brive, c’est une association de libraires qui organise les festivités, choisit les auteurices et se charge de la programmation. À Saint-Étienne, une équipe contractuelle embauchée par la mairie prépare cette fête l’année durant. Bel investissement. Cependant, l’organisation manque d’implication des différent.e.s acteurices local.aux du livre, et notamment des libraires et des bibliothécaires. Invité.e.s à participer à des réunions de préparation une fois par mois, les libraires n’ont pas beaucoup de marge de manœuvre, d’après ce qu’ont pu nous dire celleux avec lesquel.le.s notre binôme d’enquête a discuté. Illes n’ont qu’un petit espace pour faire des propositions, et sont finalement plutôt cantonné.e.s à un rôle de consultation. L’un d’elleux nous a d’ailleurs fait remarquer que cette année, sur les badges fournis par la mairie, il n’était pas inscrit « libraire » mais « exposant ». Comme à la Foire ! Sous l’égide de la mairie, l’événement devient un énième rendez-vous promotionnel de l’action de la majorité. Sous un format déclinable à l’envi, du marché de Noël à la fête de la musique, l’événement semble davantage tourné vers l’effet vitrine et la performance chiffrée que vers l’accueil spécifique des auteurices. L’organisation d’une manifestation dédiée spécifiquement aux livres et aux idées, avec des partis pris forts et des animations spécifiques reste toujours à inventer…

Pourtant, des propositions, les professionnel.le.s du livre de Sainté en auraient :

  • proposer à des dessinateurices invité.e.s de réaliser l’affiche de chaque nouvelle édition (plutôt que de confier la com’ à une boîte lyonnaise dont les mises en scène photographiques laissent pour le moins sceptique) ;
  • acheter des tentes plus adaptées qui restent d’une année sur l’autre ou bien déplacer les stands dans des locaux en dur, au site manufacture par exemple (plutôt que de louer des tentes qui coûtent chaque année environ 100 000 euros d’après l’équipe logistique, soit 1/5e du budget) ;
  • faire une nocturne plutôt que d’étaler l’événement sur trois jours, ce qui implique de longues périodes creuses ;
  • faire participer des libraires des villes limitrophes : L’Hirondaine à Firminy et la librairie Bleue comme une orange de La Talaudière par exemple (on est une Métropole ou pas finalement ?) ;
  • mettre en place la gratuité des transports en commun pour permettre à tou.te.s de venir, réaliser un site internet consacré à l’événement plutôt que de batailler pour trouver un programme flou sur le site de la mairie, et caetera, et caetera !

Chaque année, la Fête du livre c’est entre 500 000 et 600 000 euros de budget. Pour quelle répartition ? Impossible d’en avoir le détail. Tout comme il est impossible d’obtenir le chiffre d’affaires global. Cette année encore, sur des points précis, l’organisation flottante a pu susciter des situations absurdes et gênantes, pour les intervenant.e.s comme pour les visiteureuses. La rue Praire, fermée à la circulation entre Jean Jaurès et Jacquard, devait permettre d’accueillir des animations. À part quelques bonshommes en carton, il n’y a pas eu grand-chose au final pour justifier la condamnation de la rue durant trois jours. Par ailleurs, un cahier des charges contraignant n’a permis de trouver que cinq restaurants (dont deux fermés le dimanche) qui ont accepté de servir un menu aux intervenant.e.s : deux heures d’attente pour manger ne laissent pas un souvenir des plus agréables. En ce qui concerne les partenariats, Karavan Tatoo qui devait accueillir dans son espace privilégié près de la place du Peuple une exposition de dessins de BD, s’est vue envoyer des photocopies de qualité médiocre sans encadrement : fin de toute collaboration possible à l’avenir. La rue de la république des livres quant à elle, réplique mineure de la rue de la république du design de mars dernier, a ouvert quelques rez-de-chaussée et regroupé dans chacun plusieurs associations en lien avec la presse ou l’édition. Autant dire que l’organisation d’animations a été compliquée à gérer dans ces espaces partagés…

Et pourtant, des atouts, cette Fête du livre en a : la gratuité des entrées, la variété des supports (romans, BD, albums jeunesse) et un public chaleureux avec lequel les auteurices ont plaisir à échanger, d’après les libraires. Nul doute qu’il suffirait d’un peu d’inventivité et d’audace… et une municipalité qui sache un peu mieux brasser les idées et déléguer les responsabilités.


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Dans la même thématique...

Informations globales   CAPITALISME - GLOBALISATION / ECOLOGIE - NUCLEAIRE

Festival Les Mauvaises herbes

festival à Chadrac (43) organisé par l’association Nature & Progrès 43.
L’agriculture fournit l’essentiel de notre alimentation. Or, Le modèle agricole actuel détruit tout : l’écosystème, la santé des consommateurs et celle des paysans. Près d’un milliard de personnes dans le monde souffrent de la faim, alors que la malbouffe et l’obésité progressent. A terme, ce système met à mal notre capacité à nourrir l’Humanité. devant l’urgence de s’unit contre les « rouleaux compresseurs », paysans, consommateurs, citoyens, nous devons lever les freins pour développer l’agriculture de demain ! Rassemblons-nous pour comprendre et agir ensemble !


Saint-Étienne et alentours   EDUCATION - PARTAGE DES SAVOIRS / EXPRESSION - CONTRE-CULTURE

Deuxième édition des Mots Délivrent, le festival littéraire du café-lecture le Remue-Méninges

Pour la deuxième fois, le café-lecture stéphanois investit ses locaux et tourne sa programmation vers la lecture, l’écriture mais pas que ... pour un festival gratuit, ouvert à tous et trans-artistique du 15 au 18 novembre


Saint-Étienne et alentours   CAPITALISME - GLOBALISATION / EDUCATION - PARTAGE DES SAVOIRS

Formation en bricolage et maçonnerie pour les meufs, les gouines et les trans’

A la mi-octobre venez découvrir l’utilisation des outils à main et éléctroportatifs et la pose de « stuc » entre meufs, gouines et trans’


Saint-Étienne et alentours Couac   EDUCATION - PARTAGE DES SAVOIRS / URBANISME - GENTRIFICATION - TRANSPORT

Chère, très chère école privée !

Lors du conseil municipal de juin 2017, alors qu’était abordé le budget de Saint-Étienne, un chiffre avait retenu mon attention : sur les millions d’euros de dépenses de fonctionnement dans le domaine de l’éducation — dont une grande partie est dévolue aux écoles primaires et maternelles — pas moins de 2 millions étaient dévolues aux écoles privées de la commune, soit 25 % du budget tout de même. Je décidais de me pencher sur ce qui me semblait alors être un mystère.


Informations globales   EDUCATION - PARTAGE DES SAVOIRS / EXPRESSION - CONTRE-CULTURE

Gala d’arts martiaux dans le Trièves (Isère), le 15 et 16 septembre

L’ACL (amicale du combat libre lyonnaise) vous invite les 15 et 16 septembre à participer et/ou à assister à deux jours de rencontres sportives conviviales pour un festival d’arts martiaux à Saint Maurice en Trièves


Saint-Étienne et alentours   CAPITALISME - GLOBALISATION / EDUCATION - PARTAGE DES SAVOIRS

La cantine La Sassouille appelle à un chantier en mixité choisie meufs

La Sassouille est une cantine militante et itinérante Stéphanoise qui se met en place progressivement. Notre envie commune est de pouvoir offrir une bonne bouffe à prix libre et végétarienne sur différents lieux et collectifs en lutte.


Saint-Étienne et alentours Ça Roule   EDUCATION - PARTAGE DES SAVOIRS / EXPRESSION - CONTRE-CULTURE

Le féminisme à coup de fessier, atelier TWERK à Ça Roule !

Le twerking peut être une pratique féministe qui bouscule les normes de genre à coups de fessier. L’atelier suit le format classique d’un cours de danse, avec échauffement et apprentissage de différents mouvements de base du twerking.
Venez découvrir la puissance de votre derrière.


Saint-Étienne et alentours Numero Zero   EDUCATION - PARTAGE DES SAVOIRS / FLICAGE - SURVEILLANCE

Rien à cacher sur internet ? Vous êtes sûr.e ?

Atelier samedi 23 juin à la Médiatheque de Tarentaize de 14h à 17h sur la surveillances des données personnelles et les moyens d’y résister.


Informations globales   EDUCATION - PARTAGE DES SAVOIRS

Jugurtha, Bibliothèque numérique libre et gratuite

Ce site permet la diffusion gratuite de livres traitants de divers sujets comme l’histoire, la politique, les sciences, les religions, etc…


Informations globales   EDUCATION - PARTAGE DES SAVOIRS / LOGEMENT - SQUAT

Guide pratique d’autodéfense à destination des personnes menacées d’expulsions de leurs lieux de vie

Après plusieurs mois de rencontres, d’échanges, de recherches et d’ateliers entre des personnes directement concernées par les mesures de délogement, le Collectif Anti-expulsions Lille présente sa brochure d’autodéfense et d’actions collective face aux expulsions, quelle que soit sa manière d’habiter : occupations de terrains, locations, squats, résidences étudiantes…


A la une...

MOBILISATIONS - LUTTES
Gilets Jaunes - Acte 50 : Appel à manifestation nationale à Saint-Étienne  

Depuis plusieurs semaines, l’appel circule sur les différentes plate-forme GJ de la Loire et d’ailleurs. Pour cet acte 50, les GJ de Saint-Étienne appellent à converger sur la ville aux sept collines pour un retour aux sources ! On reprend les bonnes habitudes : rendez-vous samedi 26 octobre à 13h au rond-point de Monthieu et à 14h place du Peuple. Tou.te.s ensemble ! On lâche rien !


MEMOIRE
Le massacre du 17 octobre 1961 à Paris : « Ici on noie les Algériens ! »  

Ce jour-là, des dizaines d’Algériens ont été noyés dans la Seine ou massacrés par la police française à Paris. C’est un devoir de justice de ne pas l’oublier.
Le 17 octobre 1961 alors que la guerre d’Algérie touche à sa fin, le FLN appelle à une manifestation pacifique dans les rues de Paris pour dénoncer le couvre-feu raciste imposé quelques jours plus tôt aux Algériens et par extension à tous les Maghrébins. Cette manifestation rassemble environ 30 000 personnes.


MIGRATIONS - SANS-PAPIERS
Rassemblement pour les personnes sans logement  

Depuis avril 2019, des personnes se battent à Saint-Étienne pour le simple droit à un logement digne. Depuis avril 2019, les pouvoirs publics à qui devrait incomber cette tâche restent - à une exception près - sans réaction, dans l’indifférence voire dans le mépris total. Depuis avril 2019, un collectif de lutte s’est créé pour tenter de faire face à cette urgence. Le collectif des habitants de la bourse appelle les Stéphanois.es à un rassemblement de solidarité, samedi 19 octobre à 14h, place du Peuple à Saint-Étienne.


ECOLOGIE - NUCLEAIRE
Détruire le capital : un combat vital  

L’heure n’est pas à une écologie de comptoir où on culpabiliserait ceux qui ne font pas le tri, l’heure est à une écologie radicale. On ne peut pas continuer dans un monde capitaliste, il faut s’attaquer aux racines du problème et arrêter de se contenter des guirlandes aux arbres. Continuer avec la surproduction, l’exploitation animale, à vivre dans la société du pétrole, c’est ne pas s’attaquer à la base du problème.


RESISTANCES ET SOLIDARITES INTERNATIONALES
Taclons Puma - 2e round  

Journée d’Action Internationale contre le sponsoring de Puma organisée par le collectif stéphanois de soutien au peuple Palestinien‎.
BDS42 reprend du service mercredi prochain. Ce 16 octobre à partir de 16h30, place du peuple, nous organisons un rassemblement pour la seconde action internationale contre Puma et dans le but de dénoncer leur sponsoring de la fédération israélienne de football.


DISCRIMINATIONS - RACISME
Appel à témoin suite à l’agression policière raciste du 28 septembre  

Appel à témoins concernant l’agression policière raciste ayant eu lieu rue Rouget de Lisle dans la nuit du 28 septembre.
Comme le racontait un texte publié il y a peu sur Numéro zéro, deux personnes noires ont été agressées par des policiers stéphanois dans la nuit du 28 au 29 septembre. Les forces de l’ordre les ont violemment frappées, humiliées, et ont eu à leur égard des propos et comportements extrêmement racistes et choquants.


RESISTANCES ET SOLIDARITES INTERNATIONALES
Déclaration de la Commune Internationaliste du Rojava  

Alors que Donald Trump a annoncé le retrait rapide des soldats présents dans la région, le président de la Turquie Erdogan en a profité pour menacer d’une opération militaire. Opération lancée hier ; quatre villes subissent des bombardements aériens de l’armée turque. Le but pour Erdogan : éradiquer les forces kurdes et leurs alliéEs en place dans la région du Rojava et éradiquer toute velléité d’émancipation des peuples. Le peuple kurde du Rojava lance un appel à la mobilisation.


ANTIFASCISME
Sur les Gilets Jaunes, l’État et le fascisme – lettre d’Antonin Bernanos  

Antonin Bernanos est un militant antifasciste autonome. Incarcéré durant près de deux ans suite à l’affaire de la voiture de police brûlée Quai de Valmy en 2016, il est de nouveau en détention – provisoire – depuis six mois suite à la plainte d’un hooligan d’extrême-droite dont le groupe a été mis en déroute lors d’une confrontation de rue avec des antifascistes. Dans cette lettre, Antonin revient sur l’infiltration des groupes d’extrême-droite durant la phase initiale du soulèvement, et sur la manière dont celle-ci s’articule étroitement avec la stratégie répressive de l’État – qu’il s’agisse de répression policière ou de propagande médiatique.


REPRESSION - PRISON
[Courrier Parloir Hélicoptère] Partage d’experiences et d’outils sur le soutien aux personnes incarcérées  

Lancement de la plateforme Courrier Parloir Hélicoptère pour référencer et partager des expériences et des outils de soutien aux personnes incarcérées.
Nous sommes un petit groupe de personnes qui avons et avons eu des proches incarcéré-es et on a rencontré des difficultés à communiquer avec elleux – ce qui nous a amenés à nous poser des questions sur les outils à mettre en place pour lutter contre l’isolement des personnes incarcérées.


GENRE - FEMINISME
[CNT Femmes Libres Sainté] Présentation et Brochure d’octobre 2019  

« CNT Femmes Libres » est un outil non-mixte de lutte contre les violences patriarcales sur les lieux de travail, dans les pratiques syndicales, dans l’espace privé ou public.


REPRESSION - PRISON
IanB, membre de Désarmons-les ! revient sur son arrestation à Montpellier le 28 septembre 2019  

Samedi 28 septembre, aux alentours de 16h, lors de l’acte 46 des gilets jaunes, IanB, membre du collectif Désarmons-les !, s’est fait violemment interpeller. On nous relate plusieurs faits de violences au même endroit : des coups de matraque qui visaient une observatrice LDH et des personnes qui, dans le passé, ont déjà été mutilées ou blessées par la Police. On nous relate un contexte très violent, anxiogène et paniquant. Dans cette lettre IanB revient sur son interpellation et sur le sentiment d’injustice et de colère qui l’a envahi à sa sortie de garde à vue et sur cette brutalité d’État qui se banalise.


DISCRIMINATIONS - RACISME
Agression raciste de la part de la police stéphanoise  

Un habitant de la ville a envoyé son témoignage dans lequel il dénonce une agression raciste de la part de la police stéphanoise. Ces faits se sont produits ce week-end et il est primordial de les faire connaître. En effet, ce genre d’agressions de la part des forces de l’ordre n’est pas rare et il faut les dénoncer par tous les moyens !