Saint-Étienne et alentours Couac   FLICAGE - SURVEILLANCE

Voisins vigilants : banalités de la politique sécuritaire




Les voisins vigilants ont l’œil jaune et grand ouvert, c’est même à ça qu’on les reconnaît. À Saint-Étienne, les quartiers La Bérardière, la Chèvre, la Colline des pères ou encore Bel-air vivent sous l’œil éclatant du dispositif « Stéphanois vigilants », où on peut se surveiller mutuellement afin, selon l’objectif affiché par la police, de diminuer le nombre de cambriolages dans ces quartiers.


Le signalement, ça se pratique ou ça se subit

Inspiré d’une idée anglo-saxonne (Neighborhood Watch), ce dispositif cible les quartiers résidentiels et doit permettre aux voisins de signaler à la police « la venue de véhicules ou de personnes inconnues ayant des comportements suspects » [1]. C’est ainsi que les choses sont présentées par la police nationale (et généralement l’élu local à la sécurité) lors de réunions d’information qui se tiennent dans chaque quartier au moment du lancement du dispositif. L’objectif de ces réunions est de désigner des voisins référents qui recueilleront ensuite les signalements provenant des autres voisins vigilants pour les communiquer à la police. Lorsqu’un signalement est fait sur le numéro de téléphone dédié, les informations sont répercutées, entre quartiers, par mail notamment : vous pouvez ainsi être informé (en recevant le numéro de plaque d’immatriculation), par exemple, que telle voiture « suspecte » a été repérée dans un autre quartier « voisins vigilants ». Voitures suspectes, comportements suspects ? La direction de la police municipale explique qu’il s’agit par exemple de « gens qui se baladent, qui démarchent, qui toquent à la porte ». La fiche pratique remise aux habitants évoque des « personnes dont la présence ou le comportement est inhabituel ». Face à cela il convient de noter, toujours selon cette même fiche pratique : « le nombre de personnes, leur âge, leur sexe, leurs signes particuliers, leurs tenues vestimentaires, leur élocution… ». Faudra-t-il alors signaler les personnes à l’accent inconnu ou étranger ? Faudra-t-il signaler une capuche un peu trop couvrante ? Un voile ? Une jupe ? Un tatouage ?
Une habitante de la commune de Villars, dans un quartier de « voisins vigilants », nous a évoqué quelques illustrations quotidiennes du dispositif. Précisons qu’elle-même a refusé d’apposer l’autocollant à l’œil jaune sur sa boîte aux lettres. Quelques mois après la mise en place du dispositif, son domicile est cambriolé. Elle se rend alors chez ses voisins qui, bien que « vigilants », n’ont rien vu, ni signalé. Loin de s’en étonner, ils préfèrent lui reprocher de ne pas avoir mis l’étiquette sur sa boîte. L’œil jaune se vit donc aussi comme un moyen de dissuasion pour les habitants convaincus. Autre scène, même quartier, un peu plus tard : un passant promène son chien, croise le regard de cette même habitante qui sort de chez elle. Se croyant soupçonné dans ce quartier sous surveillance, il se sent alors obligé de justifier, confus, qu’il ne fait que passer et qu’il promène son chien.

Derrière l’œil en public, le porte-monnaie privé

Il faut dire que les quartiers « voisins vigilants » sont frappés au coin du signalement, affublés qu’ils sont de panneaux indiquant la présence du dispositif : un œil grand ouvert sur fond jaune, où la pupille ressemble davantage à une caméra de surveillance qu’à un organisme vivant. D’ailleurs, d’où viennent ces panneaux ? Ni de la ville, ni de la police, mais bien d’une société. Car « Voisins vigilants », c’est une marque et une SARL fondée dans les Alpes-Maritimes en 2012 (association devenue société en 2014, renommée « Voisins vigilants et solidaires » en fin 2017). Cette société, c’est d’abord une plate-forme internet qui permet de créer et de trouver les autres « communautés » de voisins vigilants sur son territoire. A Saint-Étienne, il en existe déjà 36 ! En vous inscrivant (ce qui implique de communiquer son adresse postale), vous pouvez décider vous-même de commencer à « vigiler » votre quartier. Cette société fournit également les panneaux signalétiques et de petits objets qui constituent le kit « voisins vigilants ». Si vous vous inscrivez pour créer une nouvelle communauté, le kit de démarrage est gratuit (quelques brochures, cartons et autocollants). Si vous en voulez à nouveau ou si vous ne créez pas de communauté, il faut payer. Pour un panneau à poser à l’entrée de votre rue, c’est 200€ [2].
Mais qui paie les kits gratuits, la plate-forme, le service de SMS et les autres services gratuits ? Les mairies évidemment. 1000 € pour 5000 SMS. Pour les plus grands fans, il existe bien entendu un abonnement, pour devenir « mairie vigilante ». Le tarif pour Saint-Étienne ? Communiqué uniquement aux élus selon la société. Au final, la recette semble particulièrement bien fonctionner pour ces entrepreneurs de la sécurité, puisque le chiffre d’affaires de la société est en progression constante : 20 475 € en 2013 [3], 125 774 € en 2014, 266 453 € en 2015.

Le jeu des peurs, le sens de la solidarité

Bien entendu, la société se défend d’attiser les peurs. Son Twitter dit l’inverse, qui relaie des infos bien choisies : « Les 8 conseils du ministère de l’Intérieur pour éviter de devenir receleur malgré soi », « Les 10 conseils qui peuvent vous éviter une intoxication au monoxyde de carbone ! », « L’hiver est là et avec lui les vagues de grand froid. Prenez vos précautions ! » , « Voisins vigilants, ils vous ont à l’œil ! », « 67% des Français ont peur d’être cambriolés pendant leurs vacances ! » (publié un 9 août), « L’arnaque aux pneus crevés, le nouveau phénomène qui inquiète la police ! ».
A Saint-Étienne, le dispositif a été adopté en conseil municipal le 16 novembre 2015 [4], trois jours après les attentats de Paris, à la quasi-unanimité (opposition des élues communistes et abstention de deux élus écologistes) et avec le soutien marqué des élus FN (remerciés par Claude Liogier, élu en charge de la sécurité). Sur la colline des pères, des habitants ont réagi à ce dispositif en dénonçant une incitation à la délation, à la stigmatisation et à la collaboration avec la police, et en y opposant la création de véritables liens de solidarité. Des affiches et des tracts ont été déposés dans le quartier. Sur l’un d’eux on lit : « L’excuse de la solidarité et la bienveillance n’est qu’une salade pour renforcer la sécurité et le contrôle et nous pousse à accepter d’être surveillé-es en permanence au prétexte qu’on aurait “rien à se reprocher” […] De plus, le lien social ce n’est pas des échanges de SMS entre des référents de quartier et la police, mais le lien, l’attention et l’entraide directe entre les personnes »

[1Compte-rendu d’une réunion publique à Saint-Jean-Bonnefonds le 11 avril 2017 et mis en ligne sur le site de l’association libre du Minas et de la rue Maisonnette.

[2Article publié sur le site internet de l’Obs le 3 août 2014

[3Sites societe.com et verif.com

[4Conseil municipal du 16 novembre 2015, délibération 151146, dossier n°479


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Dans la même thématique...

Saint-Étienne et alentours   CAPITALISME - GLOBALISATION / FLICAGE - SURVEILLANCE

Discussion publique autour de la question des normes agricoles

Rencontre avec le collectif contre les normes administratives et industrielles, lundi 8 avril à partir de 20h à la Cale (amicale du Crêt-de-Roc) à Saint-Étienne.
« Face aux pressions, harcèlements que nous, agriculteur.rice.s et artisan.e.s subissons au quotidien, face à la dépossession des savoirs-faire dans nos activités ou face aux mensonges et illusions que nous constatons en tant que consommateur.trice.s, nous avons créé ensemble un collectif contre les normes administratives et industrielles. »


Saint-Étienne et alentours   FLICAGE - SURVEILLANCE / INFORMATIQUE - SECURITE

Ateliers pour reprendre en main sa vie numérique

Alolise, Zoomacom et Stop Linky Gazpar 42 proposent une série de rencontres et d’échanges autour de la reprise en main de notre vie numérique.


Saint-Étienne et alentours   EXPRESSION - CONTRE-CULTURE / FLICAGE - SURVEILLANCE

Projection-Débat « Nothing To Hide »

Projection du documentaire « Nothing To Hide » suivie d’un débat sur la place de la surveillance numérique dans nos vies.


Saint-Étienne et alentours   FLICAGE - SURVEILLANCE / URBANISME - GENTRIFICATION - TRANSPORT

Vous étiez filmé·e·s, vous serez bientôt écouté·e·s

Quand le fabricant d’armes Verney-Carron construit la ville sécuritaire de demain.
A Sainté, des micros dissimulés dans le mobilier urbain pour écouter la rue... mais pas d’inquiétude, la CNIL a dit oui.


Saint-Étienne et alentours   CAPITALISME - GLOBALISATION / FLICAGE - SURVEILLANCE

Contre l’atelier Google à Sainté

Appel pour des actions communes en réaction à l’installation d’un atelier Google à St-Etienne.
Google va ouvrir à Saint-Étienne, sans doute au moment de l’inauguration de la biennale du design le 21 mars, son second atelier numérique en France (après Rennes au printemps 2018, et avant Montpellier et Nancy).
Nous ne voyons pas l’arrivée de Google comme une bonne nouvelle car elle pourrait remettre en cause le déploiement d’une politique du numérique qui garantit les droits des usagers et leurs libertés.


Saint-Étienne et alentours   FLICAGE - SURVEILLANCE / MEMOIRE

Projection-débat « Sous l’œil des houillères »

Cinémathèque de Saint-Étienne - Le vendredi 1er février 2019 - Séances à 14h30 et 20h
Résumé : « De 1949 à 1992, un système policier privé a régné au cœur des Houillères du Bassin du Nord-Pas-de-Calais. Son nom de code : le SSB (Service de Surveillance du Bassin). L’œil - et les oreilles - des Houillères, c’était lui et ses trois cents hommes qui savaient tout. »


A Lire ailleurs   FLICAGE - SURVEILLANCE / INFORMATIQUE - SECURITE

RIP Aaron Swartz

Il y a 5 ans disparaissait Aaron Swartz, informaticien militant qui considérait qu’internet pouvait être un espace de liberté et d’échange et non un lieu de flicage et de monétarisation des données.
Dans un livre paru ces jours-ci, Flore Vasseur revient sur les combats pour un internet libre.


A Lire ailleurs   FLICAGE - SURVEILLANCE / INFORMATIQUE - SECURITE

Il faut qu’on parle de facebook

Mort au capitalisme ! Aussi sur Internet ! Contre l’exploitation et l’oppression ! Aussi sur Internet !

Texte de 2012 de nadir.org


A Lire ailleurs   EDUCATION - PARTAGE DES SAVOIRS / FLICAGE - SURVEILLANCE

Ne jamais éteindre son téléphone : une nouvelle approche à la culture de la sécurité

Dans les années 80, un/e anarchiste qui voulait, par exemple, mettre le feu à un bâtiment administratif, élaborait son plan et en même temps elle/il regardait s’il n’y avait pas de dispositifs d’écoute chez lui/elle. A la fin des années 90, le/la même anarchiste éteignait le téléphone et utilisait des messages cryptés sur internet. Avec l’approche des années 2020, il nous est nécessaire de repenser notre stratégie : la collecte d’informations s’est améliorée et nous devons tenir compte aussi de cela.


Saint-Étienne et alentours   CAPITALISME - GLOBALISATION / FLICAGE - SURVEILLANCE

Sainté se laissera-t-elle googliser ?

Le personnel du service de comm’ de Perdriau doit être en burn-out tant ses apparitions médiatiques ont été nombreuses ces derniers jours. Si on a du mal à suivre le rythme, on n’est pas passé à côté de cette info annoncée la semaine dernière : la multinationale Google a choisi Saint-Étienne pour ouvrir son deuxième « atelier numérique » en France.


A la une...

LOGEMENT - SQUAT
Traces des expulsions successives à Saint-Étienne (bourse et fac)  

Récolte, recueil, archivage des enregistrements en tous genre : photos, vidéos, audio.... réalisées lors de ces derniers jours à Saint-Étienne.
Recherches des « traces » numériques des deux expulsions ayant eu lieu vendredi et dimanche à Saint-Étienne, révélant l’acharnement et la mobilisation policière contre cette réponse à la saturation des services sociaux que fut l’occupation de la bourse du travail et puis d’un bâtiment de la fac.


DROITS SOCIAUX - SANTE
Le clergé stéphanois et la charité...  

Démonstration de solidarité par le clergé stéphanois. La charité bien au chaud enfermée dans leurs églises !


ECOLOGIE - NUCLEAIRE
[St-Julien-Molin-Molette] Week-end anti-nucléaire en soutien à la lutte à Bure  

Du vendredi 3 mai au dimanche 5 mai, un week-end d’information, de soutien et de partage est organisé à Saint-Julien-Molin-Molette autour de la lutte contre l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure, dans la Meuse.


FLICAGE - SURVEILLANCE
Mouchards et drones à Saint-Étienne : le maire veut étouffer le débat  

La Quadrature du Net publie et analyse les documents obtenus auprès de la mairie de Saint-Étienne sur son projet de « Safe City ». Micros couplés à la vidéosurveillance, drones automatisés, application de dénonciation citoyenne… Ils révèlent la ville sous-surveillance telle que fantasmée par son maire, Gaël Perdriau.


DROITS SOCIAUX - SANTE
Grève de la faim en soutien aux personnes expulsées  

Face à l’indifférence, une femme se met en grève de la faim en soutien aux personnes expulsées de la Bourse du Travail et de la faculté. Elle explique son passage à l’action.


DROITS SOCIAUX - SANTE
La Préfecture de la Loire s’engage contre le logement pour tou.te.s  

On ne fait pas disparaître les gens en les repoussant d’un endroit vers un autre. Ils et elles continuent d’exister de toute façon. Appel aux riches propriétaires, et à leurs nièces, cousins, petits enfants.


DROITS SOCIAUX - SANTE
Liste des besoins à la Bourse du Travail occupée  

Après une semaine d’occupation à la Bourse, les besoins en produits de première nécessité sont très importants pour la survie des personnes qui ont trouvé un abri provisoire dans les locaux de la Bourse du travail. Liste des besoins.


DROITS SOCIAUX - SANTE
Université Tréfilerie expulsée ce matin : c’est de l’acharnement !  

Après le traumatisme de l’expulsion de la Bourse vendredi matin, les forces de l’ordre continuent de traquer et brutaliser les personnes fragiles et sans-abri qui avaient trouvé refuge pour la nuit dans un bâtiment de l’université, sur le campus de Tréfilerie.
Communiqué du collectif de soutien.


LOGEMENT - SQUAT
Evacuation de la Bourse occupée  

Contrairement à ce qu’elle avait annoncé, la préfecture a ordonné l’évacuation de la Bourse du Travail occupée, ce matin à 6h. Jettant à la rue des dizaines de personnes.


DROITS SOCIAUX - SANTE
Expulsion de la Bourse ce matin à l’aube  

Ce matin un important dispositif de police a procédé à l’expulsion des occupants de la Bourse du Travail. Laissant de nombreuses personne à la rue...


DROITS SOCIAUX - SANTE
Menaces d’expulsion à la Bourse du Travail  

Comme vous avez pu le lire depuis 10 jours dans nos colonnes, la Bourse du Travail est occupée par des personnes sans autre solution d’hébergement. Aujourd’hui, la préfecture déclare pouvoir débloquer un certain nombre de places d’hébergement et dans le même temps l’évacuation de la Bourse du Travail serait prévue pour demain matin.
Communiqué du collectif de soutien de l’occupation de la Bourse.


REPRESSION - PRISON
C’est officiel, la « loi anti-casseurs » est en marche !  

Ce matin, la « Loi visant à renforcer et garantir le maintien de l’ordre public lors des manifestations » a été gravée dans le marbre du Journal officiel. On a choisi un texte de fond sur la question du port de masque en manifestation pour marquer le coup.


MEDIAS
Sortie du Journal du carnaval 2019 : design-on l’ennemi !  

Ce journal, sorti à l’occasion du carnaval de 2019, gratte pour voir ce qui se cache derrière la marque de Saint-Étienne comme capitale du design.


DROITS SOCIAUX - SANTE
Récapitulatif d’une semaine d’occupation à la Bourse du Travail  

Depuis 10 jours, les personnes sans abri affluent chaque jour à la Bourse du Travail occupée. Cet article tente de récapituler ce qui a amené à cette situation explosive. Entre solidarité rageuse des habitant’es de Saint-Étienne et mépris des pouvoirs publics, l’occupation continue tant bien que mal.
Pétition de soutien en ligne ici.
Liste des besoins pour les personnes sur place ici.


DROITS SOCIAUX - SANTE
Revendication de l’action spontanée en direction de Gaël Perdriau, vendredi 5 avril sous les arcades de Saint-Étienne  

Depuis presque une semaine des personnes expulsées de leur squat ou mises à la rue à la fin de la trêve hivernale occupent la Bourse du Travail. Malgré les nombreuses lettres ouvertes qui lui ont été adressées, le maire, Gaël Perdriau, n’a toujours pas daigné rencontrer ces personnes sans-abri ou le collectif mobilisé en soutien. A croire que si on veut parler au maire, il faut aller le chercher.


MIGRATIONS - SANS-PAPIERS
Appel à manifester contre les frontières, à Montgenèvre et dans toutes les villes  

A la frontière comme ailleurs, luttons contre les politiques migratoires.
Organise ta manif dans ta ville ou rejoins-nous sur le col de Montgenèvre le 20 avril à 11h.


REPRESSION - PRISON
Huit mois ferme pour un gilet jaune suite à la manifestation du 30 mars  

Mercredi 2 avril. Tribunal de Grande Instance de Saint-Étienne. Nouvelle audience, même comédie : une cour aux ordres du parquet, une justice de classe qui fait le taf. Et qui donne les mêmes leçons de morale, par-dessus le marché : « Monsieur J. a participé à un phénomène de débordement. Il est adulte et il n’a pas joué son rôle d’adulte » (M. Le Procureur).


LOGEMENT - SQUAT
Occupation de la Bourse du travail par des personnes sans hébergement et leurs soutiens  

Suite à la fin de fin de la trêve hivernale et l’expulsion violente de squats de migrant·es, de nombreuses personnes (dont des personnes malades et des enfants en bas âge) sont aujourd’hui sans aucune solution de relogement. Face à cette situation insupportable, une poignée d’associatifs et de citoyen·nes mobilisé·es ont décidé d’occuper la Bourse du travail de Saint-Étienne ce lundi 1er avril.
Retrouver dans cet article tous les textes qui ont été publié sur notre site


MOBILISATIONS - LUTTES
Carnaval de l’acte XX : nous partîmes 2000...  

Ce samedi, dans une ambiance de black-out (au moins une dizaine de personnes arrêté’es de façon préventive, tous les magasins du centre fermés et sur-protégés, Verney-Carron « barricadé » dans son usine de mort, etc), le carnaval de l’inutile rejoint l’appel régional des gilets jaunes. Malgré les préventions de la préfecture, ce sont près de 7000 personnes qui défilent dans les rues de Saint Etienne, dans le centre, dans les quartiers populaires, sur le boulevard urbain.
Applaudissements, musiques et gaz lacrymogène, récit à quelques mains d’une journée bigarrée et radicale.


LOGEMENT - SQUAT
Voisin.e.s vigilant.e.s + flics violents = récit d’une non-ouverture de squat  

Récit d’une tentative d’ouverture quelque part à Saint-Étienne, empêchée par l’action coordonnée de la police et de ses collaborat.eur.rice.s en pyjama.


GENRE - FEMINISME
Un lexique partiel du féminisme et des oppressions  

Comme la plupart des mouvements politiques et de critique sociale, le féminisme possède son vocabulaire propre. Qui n’est pas forcément très accessible...
Ce lexique tente de regrouper et d’expliquer des termes, pour certains issus du milieu universitaire, qui sont souvent utilisés pour parler des oppressions et des luttes féministes. Il s’adresse aux personnes qui subissent des oppressions et aussi aux personnes qui n’en subissent pas mais vivent dans une société structurée par ces oppressions, et sont donc également concernées.


LOGEMENT - SQUAT
[Brève] Flics et riverain.es contre une occupation  

Suite aux expulsions (fin de la trêve hivernale) et face au nombre de personnes, familles, enfants qui se retrouvent démunis et à la rue, des militant.e.s et membres d’associations ont tenté de réquisitionner dans l’urgence un bâtiment vide depuis des années au 36, rue des Armuriers à Saint-Étienne ce 27 mars.


LOGEMENT - SQUAT
2,8 millions de logements inoccupés en France et Saint Etienne n’est pas en reste  

A l’abri sous les flonflons de la biennale, la mairie met des dizaines de familles et personnes à la rue. Alors que partout en France le nombre de logements vides augmente et que selon une récente étude de L’INSEE, il y a environ 13 000 logements vides à Saint-Étienne, comment le maire Pedriau peut-il encore défendre une « ville inclusive » ?
Retour en chiffres sur la soi-disant crise du logement en France et à Saint-Étienne en particulier.


CAPITALISME - GLOBALISATION
Le congrès international des femmes au Chiapas n’aura pas lieu...  

Cette année, les féministes zappatistes font face à des menaces de trop grande ampleur pour pouvoir accueillir le deuxième congrès international des femmes qu’elles pensaient organiser. Dans une lettre ouvertes aux féministes du reste du monde, elles expliquent le contexte de cette annulation et appellent à poursuivre les luttes féministes et anticapitalistes dans toutes les régions du monde.


MEMOIRE
La Commune de Saint-Étienne, du 24 au 28 mars 1871  

La Commune de Saint-Étienne eut lieu entre le 24 et le 28 mars 1871, après plusieurs jours d’agitation. Le 24 mars une centaine de manifestant.e.s, rejoints par la Garde Nationale et la foule, investissent l’Hôtel de ville et hissent sous la coupole le drapeau rouge.


LOGEMENT - SQUAT
Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Saint-Étienne, Monsieur le Préfet de la Loire et au-delà  

Nous étions, ce mercredi soir, quelques dizaines de citoyens soutenant la cause des migrants et personnes sans domicile fixe à vouloir interpeller, lors de l’inauguration de la Biennale du design, nos responsables politiques et administratifs, sur les menaces d’expulsions pesant sur quelques squats de notre ville, ainsi que sur notre inquiétude de voir mises à la rue de nombreuses personnes et familles à la fin de la trêve hivernale.